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Quelques semaines après la décision du Ghana de suspendre ses relations avec le Polisario, l’ambassadrice du Maroc à Accra, Imane Ouaadil, a été reçue par le ministre ghanéen de l’intérieur, Muntaka Mohammed-Mubarak, rapportent des sources locales. L’entretien, placé sous le signe d’une coopération accrue entre les deux États, a permis d’aborder les enjeux sécuritaires actuels et la formation des forces de l’ordre.
Dans un contexte marqué par la montée des périls en Afrique de l’Ouest où la menace terroriste s’étend, Rabat et Accra entendent élargir leurs échanges dans le domaine de la sécurité. Le Maroc, qui s’est affirmé ces dernières années comme un pôle d’excellence en matière de formation policière et militaire, dispose d’un savoir-faire que le Ghana souhaite mettre à profit pour mieux structurer ses dispositifs de défense et de surveillance.
Un tournant diplomatique marqué par la question saharienne
Au-delà des considérations sécuritaires, cette rencontre s’inscrit dans une redéfinition des relations diplomatiques ghanéennes. En janvier 2025, Accra a annoncé mettre fin à ses liens avec les séparatistes de Tindouf. Cette décision, qui acte un alignement plus franc sur la position marocaine, illustre un infléchissement perceptible au sein du continent africain où de nombreux États réévaluent leur posture sur le dossier du Sahara.
Le Maroc, qui déploie depuis plusieurs années une diplomatie active auprès de ses partenaires africains, a fait du développement de liens solides avec le Ghana un objectif stratégique. L’évolution de la position ghanéenne sur la question saharienne pourrait ainsi ouvrir la voie à une collaboration plus approfondie dans divers domaines stratégiques.
Le Maroc, référence continentale en matière de formation sécuritaire
La volonté ghanéenne rejoint l’orientation suivie par plusieurs pays africains qui, face à des menaces protéiformes, se tournent vers le Maroc pour bénéficier de son expertise. Si Accra a longtemps privilégié les partenariats avec les États-Unis et le Royaume-Uni en matière de défense et de renseignement, l’intérêt manifesté pour un rapprochement avec le Maroc traduit une volonté d’approfondir des relations intra-africaines, fondées sur une connaissance commune des réalités régionales. Si cette tendance se confirme, elle pourrait déboucher sur des accords formels et consacrer une relation bilatérale qui ne cesse de s’étoffer.
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