«Quand les Chinois ont installé leurs entreprises, l’activité s’est vraiment développée»: Au Cameroun, de nouveaux chercheurs d’or creusent la terre en famille
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C’est une matinée comme une autre pour Léonie Ngbengue. Lestée de son bébé de quelques mois emballé sur le dos, la matriarche tresse les cheveux d’une de ses filles dans la cour de sa maison. Ses gestes sont empreints de douceur, mais quand la fillette gesticule trop, la mère la recadre d’un regard. Autour d’elle, on s’active. Pierre, que tous surnomment «Tonton» (par respect pour le grand-père qui s’appelait lui aussi Pierre), met des grands coups de kick sur sa moto, qu’il essaie de faire démarrer. L’engin tousse, et des nuages de poussière ocre s’accumulent à ses pieds. Cheveux en pics et silhouette athlétique, le jeune homme de 22 ans fait office de taxi. Il déposera sa mère et sa grande sœur sur le chantier où elles travaillent, avant de rejoindre le sien.
«J’ai quitté l’école en 2021, en classe de seconde, pour devenir orpailleur», dit-il. Le jeune homme, père de deux enfants, pointe de l’index la maison qu’il est en train de faire construire juste à côté de celle de ses parents. D’épaisses briques dessinant trois pièces émergeant de la terre rouge. Tonton promet de finir cette bâtisse en allant «chercher encore plus d’or». Mathieu Ngbengue, le patriarche de cette grande famille, agite sa moustache et acquiesce: «Tout ce qui est construit ici, c’est l’or, ce n’est pas l’igname ou le macabo.» Une activité minière qui a changé le visage d’une région où la vie s’organisait jadis autour de la pêche et de l’agriculture.
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