Présidentielle au Gabon : Les membres de l’Acer connus, doutes sur leur impartialité | Gabonreview.com
Si en son temps le Centre gabonais des élections (CGE) a été boudé par les populations, c’est qu’il avait régulièrement partie liée avec les autorités au pouvoir. À l’issue du coup d’État du 30 août 2025, les nouveaux hommes forts du pays ont manifesté leur volonté de restaurer la dignité des Gabonais, ainsi que celle de l’ensemble des institutions du pays. Sauf qu’à l’annonce, le 26 février, des personnalités devant former l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (Acer), certains noms jettent déjà le doute dans les esprits quant à la recherche d’un processus électoral «parfait, incontestable, libre, transparent, démocratique et accepté par tous».
Les personnalités choisies pourront-elles «veiller à l’équité du scrutin et garantir la régularité des votes ?» © D.R.
À la lecture, le mercredi 26 février, par le ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, de la liste des membres devant siéger au sein de l’Autorité de contrôle des élections et du référendum (Acer), des grincements de dents subsistent au regard de l’implication de certain dans la propagande de tel ou de tel autre futur candidat à la prochaine élection présidentielle. Autrement dit, dans cette liste, des personnalités de premier plan ont déjà publiquement manifesté leur penchant pour un potentiel candidat ou ont même posé des actes témoignant de leur proximité avec X ou Y.
Les mêmes causes produisent les mêmes effets
Ne dit-on pas souvent que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Si le Centre gabonais des élections (CGE) a été banni au cours de cette transition, au Gabon, au profit d’une Commission nationale d’organisation et de coordination des élections ou du référendum et de la création d’une Autorité de contrôle des élections et du référendum, c’est que cet organisme en charge, par le passé, des élections dans le pays a failli.
Dans le nouveau Code électoral présenté comme le plus inclusif possible, on retrouve ces deux nouvelles entités dont la deuxième, institution indépendante et non permanente, composée de «personnalités impartiales et compétentes», a pour mission est de contrôler et de superviser les opérations électorales et référendaires, en collaboration avec le ministère de l’Intérieur. «Elle pourra également émettre des recommandations pour corriger ou prévenir d’éventuelles irrégularités, jouant ainsi un rôle clé de prévention et de persuasion», précisait le Conseil des ministres du 5 janvier dernier.
«Personnalités impartiales et compétentes». Ces expressions devaient à tout le moins être le socle de cet organisme dont les membres ont été recrutés sur la base des 256 candidatures enregistrées, dont celles de 50 femmes et 206 hommes.
Proches du Comité pour transition et la restauration des institutions (CTRI)
Sauf qu’à la première lecture et sauf erreur d’appréciation, deux membres du défunt CGE figurent dans cette équipe. Il s’agit de Marius Ndong Ondo, ancien rapporteur de la Majorité, militant du Cercle des libéraux réformateurs (CLR) et Ange Nkoghe, ancien questeur de l’opposition, militant de l’Union socialiste progressiste (USP).
Dans le même sillage, Jean Minko, magistrat de formation, a pour sa part été ancien président de Commission à la Commission nationale électorale (CNE), à la Commission nationale électorale autonome et permanente (Cenap) et au CGE. Il est ancien directeur de cabinet du Premier ministre de la Transition et on le dit également proche de Murielle Minkoué-Mintsa, l’actuelle ministre de la Réforme des institutions. «Toujours les mêmes visages. Incroyables. On a l’impression de tourner en rond», a fait remarquer un internaute.
À l’observation et au constat, toutes ces personnalités sont proches du Comité pour transition et la restauration des institutions (CTRI) dirigé par le président Brice Clotaire Oligui Nguema. Potentiel candidat à la future présidentielle.
Pourront-elles «veiller à l’équité du scrutin et garantir la régularité des votes ?»
D’autres curiosités de cette liste, qui pour certains observateurs «n’augurent pas des lendemains électoraux apaisés» et encore moins «une organisation transparente et démocratique du processus», sont qu’à plusieurs reprises, le professeur Daniel Franck Idiata, connu comme proche de la Première dame Zita Oligui Nguema, n’a eu de cesse d’appeler à la candidature du président de la Transition. À ce sujet, un observateur de se demander «s’il pourra véritablement être impartial» en cas de litige.
Pour le reste, on relève par exemple que Lydie Mamiaka est la cousine de Philippe Tonangoye, actuel ministre de la Formation professionnelle, tandis que Marius Bondji Chamba est un militant de l’ex-parti au pouvoir, le Parti démocratique gabonais (PDG) qui soutient «les actions du CTRI» et de son leader. En clair, la question qui se pose au regard de ces accointances est celle de savoir si ces personnalités pourraient être «impartiales» et surtout «corriger ou prévenir d’éventuelles irrégularités». Pourront-elles «veiller à l’équité du scrutin et garantir la régularité des votes ?» Seul le scrutin du 12 avril prochain fera témoignage.
Crédit: Lien source