RDC : arrivée controversée de migrants expulsées des USA

Depuis vendredi (17.04), la République démocratique du Congo héberge une quinzaine de migrants expulsés des Etats-Unis. Cette première vague d’arrivées sur le territoire congolais s’effectue dans le cadre d’un dispositif américain controversé d’envoi de ressortissants étrangers en situation irrégulière vers des pays tiers.

Parmi eux figurent des ressortissants du Pérou et d’Equateur. D’autres pourraient suivre prochainement, environ une cinquantaine par mois, selon plusieurs sources. Pour l’heure, les premiers arrivants semblent en bonne santé. Ils ont été répartis dans différents appartements du complexe hôtelier Venus Village, dans la commune de la N’Sele, dans l’Est de Kinshasa.

Au Parlement, des clarifications exigées

Selon le gouvernement congolais, il s’agit d’un séjour temporaire. La ministre congolaise des affaires étrangères, Thérèse Kayikwamba, est attendue prochainement devant l’Assemblée nationale pour des précisions. Des questions lui ont d’ores et déjà été adressées par le député national Emile Sumaili de l’Union sacrée de la nation, plateforme politique du président Félix Tshisekedi.

Conférence de Münich 2026 | Thérèse Kayikwamba interviewée par la DW
Les députés nationaux attendent de Thérèse Kayikwamba, ministre des Affaires étrangères, des explications sur l’accueil des migrants expulsés des Etats-Unis.Image : Ronka Oberhammer/DW

« Nous voulons savoir leur effectif. Ils seront à combien. Combien de temps vont-ils passer ici au Congo. Où est-ce qu’ils seront précisément logés en République démocratique du Congo. Nous voulons avoir des assurances sur les mesures sécuritaires qui sont mise en place par le gouvernement congolais pour protéger non seulement ces migrants, mais aussi la population congolaise. « 

Une politique jugée contraire aux droits humains

Venance Kalenga, expert indépendant des droits humains, regrette lui que la RDC prenne par à la politique de transfert forcé de ces demandeurs d’asile. Selon lui, il s’agit d’une violation des droits humains qui pourrait avoir des conséquences néfastes sur le droit international humanitaire.

« La crainte est que les Etats-Unis qui sont un modèle en matière de protection des demandeurs d’asile puissent influencer les autres Etats à se comporter de la même manière. Notre pays, en acceptant de faire cela, viole le droit international humanitaire parce qu’il essaie de sous-traiter une question qui était soumise aux Etats-Unis. Il accepte ces demandeurs d’asile qui viennent dans un pays où ils ne sont pas sûrs de la protection« , ajoute Venance Kalenga.

Un accord bilatéral au centre des interrogations

Ces premières arrivées de migrants à Kinshasa interviennent alors que Washington et Kinshasa ont signé en décembre dernier un accord bilatéral qui octroie aux États-Unis un accès aux ressources minières stratégiques de la RDC.

USA Washington D.C. 2025 | Trump et Tshisekedi se serrent les mains après la signature d'un accord de paix entre la RDC et le Rwanda
Washington et Kinshasa ont signé en decembre 2025 un accord qui octroie aux Etats-Unis un accès aux minerais stratégiques de la RDC. Image : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

En échange, les Etats-Unis sont impliqués – pour l’heure sans résultat concret – dans la recherche d’une paix durable dans l’Est de la RDC. Région occupée en partie par les rebelles de l’AFC-M23 soutenus par le Rwanda voisin. Le député Emile Sumaili s’interroge sur le degré d’information des autorités congolaises alors que les prochaines arrivées sont prévues sur un rythme mensuel : 

 » Est-ce que parmi eux il y aura des migrants de nationalités africaines par exemple ? Ma crainte c’est que la RDC puisse accueillir, parmi ces migrants, des ressortissants des pays limitrophes qui nous agressent. Comment est-ce que le gouvernement se prépare à gérer ce genre de cas ? Comment est-ce que le gouvernement se prépare pour gérer les profils parce que nous ne connaissons pas la cause de leur expulsion. « 

Le gouvernement congolais a rappelé vendredi que l’accueil, l’encadrement et la prise en charge de ces migrants sont assurés financièrement par le gouvernement américain.

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