Les avocats du Barreau de la Martinique poursuivent leur mouvement de grève contre le projet de loi SURE, mais sous une autre forme.
C’est ce qu’ils ont décidé ce matin, lors d’une nouvelle assemblée générale extraordinaire, au palais de justice de Fort-de-France.
Les avocats reprennent dès à présent le chemin des audiences et leur rôle de conseil auprès de leurs clients mais, jusqu’au 29 mai prochain, une fois par semaine, ils organiseront une « journée justice morte ».
Une façon de continuer à dénoncer le projet de loi qui doit être examiné à l’Assemblée Nationale.
C’est ce qu’explique Pascaline Jean-Joseph, le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats de Martinique.
La grève continue et elle doit durer jusqu’à ce que le projet de loi soit examiné par l’Assemblée nationale. Pour l’instant, nous n’avons pas encore de calendrier. C’est la raison pour laquelle nous voulons montrer au gouvernement que nous restons mobilisés et pouvoir tenir jusqu’à son examen à l’Assemblée nationale. Nous avons obtenu quelques modifications au Sénat mais, malheureusement, le texte est passé.
« Avant tout et surtout pour les justiciables que nous nous battons »
Elle assure que tous les Barreaux de France et les instances nationales, le Conseil National des Barreaux et la Conférence des Bâtonniers, sont sur la même longueur d’ondes et s’opposent à ce projet de loi.
Nous nous mobilisons avant tout pour les justiciables. Depuis trois semaines, les avocats ne travaillent pas. Il y a des audiences importantes, des garde à vue où nous ne sommes pas là. Ce n’est bien évidemment pas dans notre ADN. Des syndicats de magistrats et des associations de victimes se sont mobilisées à nos côtés, dans un contexte de recul manifeste des droits élémentaires des victimes et des justiciables.
Les avocats dénoncent particulièrement la mesure de plaider-coupable criminel.
Elle annule l’existence même des cours d’assises et du procès pénal. Le procès Pélicot a donné lieu à tout un débat sur la soumission chimique. Si nous étions en CRPC criminelle comme veut la mettre en place Darmanin, il n’y aurait pas eu d’audience. Monsieur Pélicot aurait négocié avec le procureur dans un petit bureau. Personne n’aurait su l’horreur de ce qui s’est passé. La victime n’aurait pas pu être entendue.
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