EN IMAGES. Cité Henri IV à Pointe-à-Pitre : démolition du dernier bâtiment et « pincement au cœur » des résidents

C’est une page d’histoire qui se tourne à Pointe-à-Pitre : la cité Henry IV n’aura pas plus jamais son visage d’antan, celui d’un quartier populaire où tous les résidents se connaissent, s’entraident, interagissent et dont les enfants ont grandi ensemble plusieurs générations durant.

Les habitants, non sans une certaine émotion, ont assisté, ce lundi matin (20 avril 2026), aux premiers coups de pelle mécanique. Ainsi a été lancée la démolition de la Barre AB.

Ce bâtiment, construit dans les années 60, était l’ultime vestige de la cité Henry IV. Il laisse désormais place à un vaste chantier, mené dans le cadre du vaste projet de rénovation urbaine.

Cette phase de démolition, qui suit celle de désamiantage, prendra plusieurs mois. Viendra ensuite celle de la reconstruction.

Un lieu de vie et de souvenirs

Pour certains, ce n’est que du béton. Pour d’autres, c’est le décor d’une vie entière. Elle fait partie de ceux qui ont vu sortir de terre ces immeubles, dans les années 60. Aujourd’hui, d’ores et déjà relogée, elle regarde la cité Henri IV disparaître, alors qu’une pince mécanique fait son œuvre.

« Ça fait vraiment un pincement au cœur. A chaque fois que je passe là, je dis bonjour à mon immeuble, bonjour à ma mère, qui est au cimetière juste en face. Tout va changer, on ne reconnait plus le quartier. »

Liliane, ancienne résidente de la cité Henry IV

« Il y avait des mamies en difficulté, qui devaient monter leur bouteille de gaz, aller acheter leurs fruits au marché… »

Grégory, ancien résident de la cité Henry IV

« Il y avait un marché en bas et, avec ma maman, on y venait souvent. Il y avait même les WC en bas. Et j’avais une copine qui habitait en face. Je me rappelle, je venais jouer là, le samedi et le dimanche. »

Nadine, ancienne résidente de la cité Henry IV

Ce sentiment de nostalgie est partagé dans les rues adjacentes. Si la nécessité de moderniser le quartier fait l’unanimité, l’attente des riverains reste teintée d’une certaine vigilance.

« Les bâtiments tombent, mais il faut qu’on garde l’esprit qui régnait ici, un esprit de transmission, pour expliquer aux jeunes comment cela se passait ici et pour que, demain, ils adaptent ce mode de vie à leur façon. »

Éric Nanette, président de l’association de quartier « La Tyrolienne » [traduction du créole]

Redonner de l’attractivité à Pointe-à-Pitre

Ces attentes citoyennes ont été entendues par la mairie, qui avance que cette démolition est le point de bascule nécessaire pour redonner de l’attractivité à Pointe-à-Pitre.

« Ce n’est pas juste faire tomber les murs, c’est ouvrir les portes d’un avenir meilleur pour les Pointois, avec plus de possibilités de faire du commerce, d’avoir des loisirs. Ce ne sera pas juste une cité dortoir, mais un lieu de vie, vie privée, mais vie publique aussi. »

Harry Durimel, maire de Pointe-à-Pitre, 1er vice-président de la communauté d’agglomération Cap Excellence.

Pour la Société immobilière de Guadeloupe (SIG), l’enjeu du chantier c’est de prévoir une reconstruction basée sur des énergies renouvelables et, donc, moins coûteuse pour les locataires.

« Des logements modernes, qui répondent à des normes plus d’actualité, à la fois antisismique, à la fois en termes de consommation d’énergie, à la fois en termes de recyclage des eaux de pluie, moins dense, avec des ilots de fraîcheur, beaucoup plus de verdure. »

Olivier Bajard, président de la SIG

Pour autant, la mémoire d’Henri IV restera gravée dans l’histoire pointoise, même quand aura surgi de terre le nouveau visage promis aux habitants.

En images…

D’autres quartiers ont connu le même sort, ces dernières années.

À LIRE AUSSI :

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.