Voyage de Léon XIV en Afrique (2) : le Cameroun

Messe à Bamenda

Dans cette première homélie en terre camerounaise, dans un territoire secoué par les conflits, le Pape n’hésite pas à reconnaître la gravité de la situation : « les espoirs d’un avenir de paix et de réconciliation, où chacun est respecté dans sa dignité et les droits fondamentaux sont garantis à tous, sont sans cesse mis à mal par les nombreux problèmes qui marquent cette magnifique terre ».

Et d’énumérer : « les multiples formes de pauvreté qui touchent encore actuellement un très grand nombre de personnes dans le contexte d’une crise alimentaire en cours ; la corruption morale, sociale et politique, liée surtout à la gestion des richesses qui empêche le développement des institutions et des structures ; les graves problèmes qui en découlent et qui touchent les systèmes éducatif et sanitaire, ainsi que la grande migration vers l’étranger, en particulier des jeunes ».

Il complète enfin le tableau de ces « problèmes internes, souvent alimentés par la haine et la violence » par « le mal causé venant de l’extérieur, par ceux qui, au nom du profit, continuent de s’emparer du continent africain pour l’exploiter et le piller ».

C’est pourquoi il exhorte son auditoire : « c’est le moment de changer, de transformer l’histoire de ce pays. Aujourd’hui et non demain, maintenant et non dans le futur, le moment est venu de reconstruire, de composer à nouveau la mosaïque de l’unité en réunissant les diversités et les richesses du pays et du continent, d’édifier une société où règnent la paix et la réconciliation. »

Il donne le moyen par l’obéissance à Dieu : « Lui obéir parce que Lui seul est Dieu. Et cela nous invite à promouvoir l’inculturation de l’Évangile et à veiller attentivement, y compris sur notre propre religiosité, afin de ne pas tomber dans le piège de suivre ces courants qui mélangent de manière confuse la foi catholique avec d’autres croyances et traditions de type ésotérique ou gnostique. » Ces thèmes font écho à des préoccupations récurrentes des évêques.

Messe au Japoma Stadium, à Douala

L’homélie de cette messe part de l’évangile de la multiplication des pains, et de l’aspect matériel qu’il vise au sens littéral, Léon XIV s’élève au sens spirituel pour prêcher la « nourriture de l’âme », car « cette nourriture, c’est le Christ qui sans cesse nourrit son Église en abondance et nous fortifie en chemin par son Corps ».

Il encourage alors les fidèles à « annoncer sans relâche l’Évangile, en incarnant les visages et les mains qui portent au prochain le pain de la vie : un aliment de sagesse qui libère de tout ce qui ne nourrit pas ».

Rencontre avec le monde universitaire

Cette rencontre s’est déroulée à l’Université catholique d’Afrique centrale, fondée en 1989 par l’Association des Conférences épiscopales d’Afrique centrale. Reprenant le pape François, le Pape a donné comme but à cette institution de promouvoir « une culture de la rencontre ». Après un passage par les écrits de Newman, sur l’union entre foi et science, Léon XIV propose un nouveau but :

« Former des consciences libres et saintement inquiètes est une condition pour que la foi chrétienne apparaisse comme une proposition pleinement humaine, capable de transformer la vie des individus et de la société, de susciter des changements prophétiques face aux drames et à la pauvreté de notre temps, et d’encourager une recherche de Dieu toujours plus profonde, jamais assouvie. »

Il s’est ensuite attaqué à la révolution numérique et à l’intelligence artificielle, mettant en garde contre « le remplacement progressif de la réalité par sa simulation ». Plus loin il affirme que : « sans résistance à la persuasion de ces systèmes et sans exposition physique et spirituelle à l’autre en chair et en os, la réalité devient facultative et l’humain gouvernable par des systèmes invisibles ».

Enfin, il va encourager ses auditeurs à résister à la tentation de vouloir émigrer, et les encourager à se mettre au service de leurs concitoyens par les connaissances qu’ils acquièrent à l’université. Et il conclura par l’affirmation que « l’Afrique a besoin d’être libérée du fléau de la corruption ».

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