Crise au Mali : « le régime va tomber » et les Russes doivent partir, déclare le porte-parole des rebelles
La rébellion touareg prédit la chute du régime, au Mali. « Le régime va tomber, tôt ou tard. Il va tomber, ils n’ont pas de solution pour se maintenir au pouvoir », a assuré mercredi 29 avril, dans un entretien à l’AFP, le porte-parole des rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA). Pour Mohamed Elmaouloud Ramadane, l’offensive du FLA pour récupérer le territoire de l’Azawad, au nord du Mali, et celle des djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, allié à Al-Qaida) sur Bamako notamment font que les hommes d’Assimi Goïta, le chef de la junte malienne, « ne pourront pas tenir ».
« Pour aller à la paix, pour trouver la stabilité dans l’Azawad, dans le Mali et au-delà dans le Sahel, je pense que la première des choses, c’est de faire partir cette junte », a-t-il ajouté, lors d’un passage à Paris. Selon lui, « la situation est loin d’être sous contrôle » de la junte, comme l’a revendiqué la veille son chef, Assimi Goïta.
Obliger la Russie à se désengager du pays
Le Mali fait face à une situation sécuritaire critique après les attaques coordonnées et simultanées ayant visé des positions stratégiques de la junte au pouvoir et de ses alliés russes. Elles ont coûté la vie au ministre de la Défense, Sadio Camara, décédé dans l’explosion de sa résidence samedi 25 avril, ainsi qu’à vingt-trois civils et militaires. Le FLA, composé de communautés touareg, peules et arabes notamment, s’est emparé de la ville stratégique de Kidal, forçant les paramilitaires russes de l’Africa Corps à s’en retirer. La région de Kidal « aujourd’hui est à 80 % sous notre contrôle », précise Mohamed Elmaouloud Ramadane. La junte malienne s’est rapprochée politiquement et militairement de la Russie ces dernières années après avoir chassé les militaires français en 2022.
Les indépendantistes ont dorénavant l’intention de s’emparer des autres régions du nord du pays. « Nous avons déjà libéré Kidal, Taoudénit était déjà sous notre contrôle, Gao, Tombouctou et Menaka aussi seront nos prochains objectifs à libérer », a confié le porte-parole du FLA. « Notre objectif est que la Russie se retire définitivement de l’Azawad et au-delà, de tout le Mali », a-t-il également déclaré. « Toutes les confrontations que nous avons eues avec les Russes, nous les avons gagnées », a-t-il rappelé, précisant que les forces russes avaient été « escortées de Kidal jusqu’à la localité d’Anefis », au sud-ouest de la ville. Mais, a assuré la voix de la rébellion, « nous n’avons pas de problème particulièrement avec la Russie, ni avec aucun autre pays : notre problème, c’est avec le régime qui gère Bamako ».
Une situation sans précédent depuis quinze ans
Dans une publication sur les réseaux sociaux, le ministère russe de la Défense a estimé que rebelles et djihadistes étaient en train de se regrouper et que la situation au Mali restait « difficile ». Mardi 28 avril, les djihadistes du JNIM ont de leur côté menacé d’imposer un blocus sur les entrées de la capitale malienne Bamako, selon une vidéo d’un de leurs porte-parole.
Cette situation au Mali est sans précédent depuis près de quinze ans et les événements de mars 2012. À l’époque, des rebelles indépendantistes touaregs, vite évincés par leurs alliés islamistes associés à Al-Qaïda au Maghreb islamique, avaient pris le contrôle de Kidal, Gao puis Tombouctou. Le nord du pays avait par la suite été libéré de l’occupation djihadiste en janvier 2013, après l’intervention de l’armée française.
Avec AFP
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