Au Mali, la junte sous pression

« C’est peut-être la crise la plus profonde que le Mali ait jamais traversée », lâche Youssouf Diawara, militant proche de l’opposition. Le samedi 25 avril, lors d’une vague d’attaques menée par les djihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM, lié à Al-Qaïda) et les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad (FLA), l’officier et ministre de la Défense Sadio Camara a été tué à Kati. Cette ville-garnison, située à une quinzaine de kilomètres de la capitale, Bamako, est le fief du pouvoir militaire.

Lors de ce mouvement de troupes, qui a vu le JNIM et le FLA collaborer de manière ouverte et assumée, ce dernier a repris la ville de Kidal, dans le nord-est du pays. Ce repère historique de la rébellion indépendantiste, à 1 500 kilomètres de Bamako, est un symbole. Il était l’épicentre des combats lorsque l’insurrection, qui continue de miner le pays, a éclaté en 2012. Le président de transition et général Assimi Goïta, chef de la junte au pouvoir depuis 2021, avait vu sa popularité bondir lorsqu’il s’en était emparé en 2023.

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Le 1er mai, c’était au tour de Tessalit, près de la frontière algérienne, de tomber. « Le choc dans la population est évident », glisse sous couvert d’anonymat un ancien ministre à Bamako, qui raconte avoir été réveillé le 25 avril aux aurores par les bruits de détonation provenant de Kati : « Sadio Camara était le numéro deux, mais aussi le visage connu et populaire de la junte militaire. Pour le pouvoir, c’est un revers. »

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