RD Congo: l’ex-président Joseph Kabila sanctionné par les États-Unis pour soutien au M23 et à l’AFC | TV5MONDE

Washington accuse l’ex-président de soutenir les rebelles du M23 et l’AFC pour déstabiliser l’Est du pays. Ses avoirs sont désormais gelés alors que Kinshasa salue cette décision. Déjà condamné à mort par contumace en RD Congo, Kabila fait désormais face aux sanctions américaines.

L’ancien président de la République démocratique du Congo (RD Congo), Joseph Kabila, a été sanctionné ce jeudi 30 avril par les États-Unis. Washington l’accuse de soutenir le groupe armé M23, appuyé par le Rwanda, et l’Alliance Fleuve Congo (AFC), son bras politique. 

Le M23 est un groupe armé qui contrôle depuis début 2025 une large partie de l’est de la RD Congo, dont Goma. Il est accusé par l’ONU et plusieurs gouvernements occidentaux de massacres de civils et d’exploitation illégale des ressources minières de la région. 

« Instigateur, d’initiateur et d’architecte de la déstabilisation du Congo« 

Le Trésor américain a inscrit l’ex-dirigeant sur la liste noire du Bureau du contrôle des avoirs étrangers (OFAC). Ses éventuels avoirs aux États-Unis sont gelés, et toute transaction avec des entreprises ou citoyens américains lui est désormais interdite. 

Selon Washington, Kabila aurait fourni un soutien financier à l’AFC pour peser sur la situation politique dans l’est du Congo. Il aurait également encouragé des soldats congolais à déserter au profit des rebelles, tout en soutenant un candidat hostile au président Félix Tshisekedi

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent a prévenu que « ceux qui continuent de semer l’instabilité devront rendre des comptes« . Le porte-parole du département d’État, Thomas Pigott, a dénoncé ces groupes armés comme « les principaux vecteurs de violence et d’instabilité dans la région« .

(Re)lire « Ce qui nourrit la machine du M23 »: les mines toujours au centre de la guerre en RD Congo un an après la chute de Goma

Kinshasa a salué la décision. Le vice-Premier ministre Jacquemain Shabani a qualifié Kabila d' »instigateur, d’initiateur et d’architecte de la déstabilisation du Congo« . Il a ajouté que l’ex-président figurait parmi ceux qui rendaient la paix “difficile et compliquée”.

Tenter de préserver la paix

Ces sanctions s’inscrivent dans les efforts américains pour sauvegarder un accord de paix fragile. Signé à Washington en décembre entre le Rwanda et la RD Congo sous l’égide de Donald Trump, il a rapidement vacillé sur le terrain. En mars, les deux parties se sont retrouvées à Washington pour tenter de relancer le processus. L’accord prévoit aussi un volet économique: il garantit à l’industrie américaine un accès aux minerais stratégiques du sous-sol congolais.

Le mois dernier, le Trésor avait déjà sanctionné l’armée rwandaise pour sa proximité avec le M23, provoquant la colère de Kigali. Le Rwanda continue de nier tout soutien au groupe armé, malgré les accusations de Kinshasa, de l’ONU et de plusieurs puissances occidentales.

Kabila déjà condamné par la justice congolaise

En septembre 2025, la justice congolaise avait condamné Kabila à la peine de mort par contumace pour complicité avec le M23, crimes de guerre et crimes contre l’humanité. L’ex-président avait rejeté ces accusations, dénonçant une justice politisée.

Très discret sur ses allées et venues, il réside depuis fin 2023 principalement en Afrique du Sud. En 2025, il avait fait une apparition surprise à Goma, fief du M23 dans l’est du pays. Le gouvernement de Tshisekedi a depuis dissous son parti et cherché à saisir les biens de ses dirigeants.

Fils du rebelle Laurent-Désiré Kabila, qui avait renversé le dictateur Mobutu Sese Seko, Joseph Kabila avait hérité du pouvoir en 2001 après l’assassinat de son père. Il l’a quitté en 2019, après deux mandats et de violentes protestations populaires.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.