VIDEO. Portrait de Denis Mukwege, le gynécologue qui répare les femmes et dénonce les atrocités de la guerre en République Démocratique du Congo

Né à Bukavu en 1955, Denis Mukwege se destine à la médecine pour donner la vie. Mais la guerre en décide autrement. Après la destruction de ses premiers hôpitaux dans les conflits de 1996 et 1998, il reconstruit à Panzi un établissement devenu un refuge pour des milliers de femmes victimes de viols et de mutilations.

Depuis 1999, des dizaines de milliers de patientes y ont été soignées. Très vite, le médecin comprend que réparer les corps ne suffit pas. Il développe alors une approche globale comprenant soins médicaux, accompagnement psychologique, réinsertion économique et accès à la justice.

Le viol, une arme de guerre

Invité du 13h de Martinique la 1ère, lundi 4 mai 2026, Denis Mukwege rappelle une réalité brutale : « le viol est une arme de guerre ». Utilisé pour terroriser, détruire et déplacer les populations, il a des conséquences individuelles et collectives durables.

En République démocratique du Congo, ces violences s’inscrivent dans une logique économique. Les groupes armés s’emparent de territoires riches en minerais stratégiques, indispensables aux nouvelles technologies, en chassant les populations par la terreur.

Soigner et reconstruire

À l’hôpital de Panzi, la prise en charge est dite « holistique ». Après les opérations chirurgicales, un suivi psychologique permet aux femmes de se reconstruire. Des programmes de formation les aident à retrouver une autonomie économique.

Dernier pilier : la justice. « Elles ne cherchent pas la vengeance, mais la reconnaissance », explique le médecin. Un combat essentiel dans un contexte où l’impunité reste la règle.

La force de la résilience

Malgré les traumatismes, le Dr Mukwege est frappé par la capacité de résilience de ses patientes. Beaucoup trouvent la force de continuer pour leurs enfants, pour leur communauté.

Cette force est aussi la sienne. Menacé de mort, contraint à l’exil en 2012, il revient en 2013 grâce à la mobilisation de femmes congolaises.

« Je crois que j’ai découvert la force des femmes. Cette capacité des femmes de pouvoir aimer les autres…Qui suis-je pour ne pas suivre leur modèle ? »

Dr Denis Mukwege, gynécologue et Prix Nobel de la Paix (2018) · ©Interrogé par Bianca Carreto

Son combat est aussi emprunt d’un humanisme tenace porté par la foi.

« Ma foi m’aide beaucoup, puisque je crois que nous avons tous besoin de l’amour. Quel que soit ce qui nous arrive, lorsqu’on est entouré par l’amour, nous avons la capacité de nous en sortir. »

Dr Denis Mukwege, gynécologue et Prix Nobel de la Paix (2018)

De Panzi au grand écran

Si son combat a déjà inspiré le documentaire L’Homme qui répare les femmes, il est aujourd’hui au cœur du film Muganga – Celui qui soigne, présenté au Festival du Film Francophone d’Angoulême 2025.

Projeté ce soir (lundi 4 mai 2026) en Martinique, le film retrace le parcours d’un homme devenu symbole mondial de la lutte contre les violences sexuelles en temps de guerre.

République démocratique du Congo : une crise humanitaire majeure

La situation dans l’est de la République démocratique du Congo reste alarmante. Selon l’Organisation des Nations unies et l’UNICEF, les violences sexuelles y sont massives : une femme violée toutes les quatre minutes, dont une part importante d’enfants.

Riche en coltan, essentiel à nos technologies (téléphone portable, ordinateur…), le pays est au cœur de convoitises économiques qui alimentent les conflits. Malgré les alertes internationales, ces crimes restent largement impunis.

VIDEO. Dr Denis Mukwege en visite en Martinique : une avenue des Anses d’Arlet porte désormais le nom du chirurgien-gynécologue congolais et Prix Nobel de la paix 2018

« Violer une femme, c’est violer notre propre humanité », Dr Denis Mukwege, Prix Nobel de la paix 2018, est en visite en Martinique

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