Lors du Conseil des ministres du 30 avril 2026, l’Etat a acté la création Comité national de la dette publique (CNDP). Le décret y relatif fixe ses attributions, son organisation, son fonctionnement et ses modalités de saisine.
Le communiqué final des assises du 30 avril 2026 renseigne que « le CNDP est l’organe national de coordination, d’orientation, de conseil et de contrôle en matière de politique d’endettement et de gestion de la dette publique ». Sa mise en place répond à une exigence communautaire restée sans application pendant plusieurs années, malgré l’adoption de textes similaires en 2013 et en 2018, précise le Conseil des ministres.
Le dispositif de cette commission repose sur trois entités complémentaires. D’abord, le comité de coordination. Il est présidé par le ministre en charge de la dette publique et assure la délibération et la prise de décision. Ensuite, le comité technique qui examine les projets d’emprunts, les opérations de restructuration et les demandes de garanties, avant de formuler un avis. Enfin, le secrétariat permanent, assuré par la direction générale de la dette, veille à l’exécution opérationnelle des missions du comité.
Cette réforme intervient dans un contexte de réévaluation de la situation financière de l’État. En parallèle, Libreville entend ouvrir un audit destiné à reconstituer le niveau réel des engagements de l’État.
Le gouvernement gabonais a également annoncé la création d’une commission chargée de conduire un audit de la dette publique. Les travaux de cette structure visent à établir le niveau réel des engagements de l’État. Ce, conformément aux standards du manuel de statistiques des finances publiques et au cadre normatif de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).
Prévu sur une période de deux à trois mois, cet audit devra distinguer les engagements conformes aux règles de comptabilisation de la dette publique de ceux nécessitant un traitement spécifique, selon la nature réelle des engagements contractés. Selon les autorités, cette initiative répond à plusieurs constats. Ceux-ci portent sur « l’inexécution de certains projets financés, l’absence de transfert de certains fonds vers les comptes du Trésor public, ainsi que des manquements contractuels et budgétaires relevés sur la période 2016–2023 ».
Cette commission est placée sous la coordination du ministre de l’Économie et des Finances, avec l’appui du Fonds monétaire international (FMI). Elle devra également poser les bases d’une stratégie destinée à sécuriser de nouveaux financements orientés vers les infrastructures de base.
Pour rappel, cette réorganisation intervient alors que les indicateurs d’endettement du Gabon affichent une progression. En effet, selon les données de la direction générale de la dette, l’encours global est passé de 7133 milliards FCFA (environ 12,8 milliards USD) à 8.606,6 milliards de FCFA (15,3 milliards USD) à fin octobre 2025, soit une hausse de 1.473 milliards de FCFA (environ 2,63 milliards USD) en dix mois.
Cette progression de 20,6% traduit le recours accru de l’État à l’endettement pour répondre à ses besoins de financement. La dette intérieure représente la part la plus importante, avec un encours de 4.391,9 milliards de FCFA (environ 7,9 milliards USD), tandis que la dette extérieure s’établit à 4.214,8 milliards de FCFA (environ 7,5 milliards USD).
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