En colère, les employés d’Ebomaf ont barricadé le 4 mai le chantier Ntoum-Cocobeach pour se faire entendre © Gabonactu.com
Outre les mauvaises conditions de travail auxquelles ils sont confrontés, plus de 900 employés d’Ebomaf, société en charge de la construction de l’axe Ntoum–Cocobeach long de 82 km, dénoncent avec véhémence leur mise à disposition jugée cavalière au sein d’une entreprise de sous-traitance, Esdras Services Gabon, sans qu’un plan social n’ait été préalablement établi.
« Ebomaf n’arrive pas à calculer notre solde de tout compte pour nous le verser, mais veut nous faire engager par Esdras Services sans, au préalable, rompre son contrat avec nous », a fustigé Junior Ngoua Ngoua, technicien soudeur qui, avec plusieurs de ses collègues, il a barricadé le chantier hier afin de se faire entendre auprès des plus hautes autorités.
Ces centaines de travailleurs ont été embauchés par Ebomaf depuis le début du chantier, il y a plus d’un an. Ils avaient signé des « contrats d’ouvrage de fin de chantier ». Pour des raisons encore inconnues, cette société, qui avait suscité beaucoup d’espoir lors de son implantation dans le pays, semble aujourd’hui vouloir se séparer de ses employés, au mépris apparent des dispositions légales en vigueur.
Dans une note d’information datant du début du mois d’avril, le Directeur général d’Ebomaf Gabon, Coulibaly Lassina, souligne en effet que : « pour faire suite aux hautes instructions de monsieur le PDG, le cabinet Esdras Services Gabon procédera à la signature de contrats de mission avec les travailleurs ».
Après une brève résistance, les employés ont été contraints, la mort dans l’âme, de signer ces contrats avec Esdras Services Gabon, une société de placement de main-d’œuvre. Cette situation précarise davantage ces pères et mères de famille, désormais plongés dans une profonde incertitude quant à leur avenir.
Dans ce contexte, les employés d’Ebomaf dénoncent également le non-paiement de certains droits liés à l’ancienneté, notamment les congés après un an de service, l’absence de 13e mois, ainsi que le manque de prise en charge en cas d’accident de travail. Ils fustigent par ailleurs l’absence prolongée de bulletins de salaire, parfois sur plusieurs mois, voire une année. À cela s’ajoutent des prélèvements effectués au titre de la sécurité sociale, qui n’auraient pas été reversés aux organismes concernés.
Camille Boussoughou

Crédit: Lien source