Fin du Tournoi des 6 Nations ou de la finale du Top 14 sur France Télévisions ? Les propositions de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public pour « réduire d’un tiers le budget des sports »
La très médiatique commission d’enquête sur l’audiovisuel public a rendu son rapport ce mardi 5 mai. Charles Alloncle, député UDR rapporteur de cette commission et visé par une plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, y propose notamment d’amputer le budget réservé à la diffusion de sport sur France Télévisions, à commencer par celle du Tournoi des VI Nations.
La commission d’enquête sur l’audiovisuel public de l’Assemblée nationale, a sorti son rapport ce mardi 5 mai. Charles Alloncle, député UDR rapporteur de cette commission visé par une plainte contre X pour prise illégale d’intérêts et trafic d’influence, y fait plusieurs propositions pour réduire le budget de Radio France et France Télévisions. L’une de ses idées est de réduire le budget consacré au sport, en limitant la diffusion d’événements tels que le Tournoi des VI Nations ou la finale du Top 14.
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« Lors des Jeux olympiques de Paris 2024, 60 millions de Français ont regardé les épreuves sur les antennes du service public. 56 millions ont regardé du sport sur France Télévisions en 2025 », se félicite pourtant le rapport dès le début. Malgré ce constat de réussite, il appelle à réduire drastiquement les moyens alloués au sport sur le service public.
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« Le budget des sports de France Télévisions s’élève à 199,6 millions d’euros par an en moyenne de 2021 à 2025 (en excluant l’année 2024 marquée par les Jeux olympiques et paralympiques de Paris) », note le rapport de la commission d’enquête. Des dépenses qui correspondent « pour les deux tiers, à l’achat de droits et, pour un tiers, à de la production ». Les recettes publicitaires générées à la diffusion de ces événements « s’élèvent en moyenne à 39,5 millions d’euros par an », précise-t-il encore.
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En mettant en avant cet argument Charles Alloncle met en avant une recherche de rentabilité qui n’est pourtant pas censée être un objectif du service public. Il assume d’ailleurs quelques lignes plus loin cette « logique purement économique », pour accepter d’en sortir uniquement pour « la diffusion de quelques sports en développement ».
« Réduire d’un tiers le budget des sports de France Télévisions », comment ?
« Recommandation n° 42 : réduire d’un tiers le budget des sports de France Télévisions et ainsi réaliser près de 50 millions d’euros d’économies par an », peut-on ainsi lire assez tôt. L’une des propositions de Charles Alloncle pour y parvenir, que France Télévisions arrête d’acheter les droits de diffusion de nombreuses compétitions sportives.
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Pour appuyer son argument, le rapporteur rappelle qu’un décret de 2004 oblige la diffusion de certains événements sportifs en clair. Ainsi, il souhaite que France TV cesse de les financer pour laisser ce financement à des chaînes privées qui devraient ensuite les diffuser en clair.
Parmi ces rendez-vous incontournables on peut citer pêle-mêle : les Jeux olympiques d’été et d’hiver, le Tournoi des VI Nations (masculin et féminin), la finale du Top 14, les finales de compétition européenne de rugby si une équipe française y figure, les finales de Roland-Garros, le Tour de France (masculin et féminin), Paris-Roubaix, les matchs des équipes de France de rugby (hommes et femmes), les championnats du monde d’athlétisme…
Pas pour la privatisation de l’audiovisuel public, mais pour plus de privé
Avec les Jeux olympiques d’hiver en cette année 2026, France Télévisions a déjà revendu les droits de certains matchs du Tournoi des VI nations à TF1, qui les a en effet diffusés en clair. Néanmoins, si cette pratique devait se généraliser le service public n’aurait plus aucun pouvoir éditorial, moins d’accès aux acteurs du sport professionnel de très haut niveau qui participent à ces événements et ont un fort engouement dans la population.
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Seuls événements qui échappent à sa volonté de privatisation : « le Tour de France, Roland-Garros, Paris-Roubaix, les Jeux Olympiques et Paralympiques et quelques autres compétitions qui fondent l’exception sportive française. » Si ces propositions étaient appliquées, il est donc possible que la finale du Top 14, celle de Champions Cup et le Tournoi des VI Nations cessent d’être diffusés sur le service public.
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Delphine Ernotte, présidente de France TV a de son côté déjà prévu des économies de « 15 millions d’euros dans le sport ». Le RN, proche du parti de Charles Alloncle, propose, lui, une privatisation pur et simple de l’audiovisuel public. Les propositions de ce rapport ne soutiennent pas pleinement cette idée, mais envisage de faire passer une partie des événements sportifs les plus importants sur des chaînes privées qui règnent pourtant déjà en maîtresses sur la diffusion sportive.
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