Paiements internationaux : Abidjan en première ligne pour bâtir une souveraineté financière africaine

La modernisation des circuits de paiement et la réduction de la dépendance aux grandes places financières occidentales étaient au cœur des échanges, ce mardi 5 mai 2026, à l’hôtel Noom d’Abidjan. Cette rencontre de haut niveau, organisée autour de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) était consacrée au Afreximbank Trade Payment Services (AfPAY) et au Cross-Border Interbank Payments and Settlements (CIPS). Elle a réuni les acteurs du secteur bancaire et financier ivoirien autour d’une réflexion stratégique sur l’avenir des paiements internationaux.
Dans un contexte mondial marqué par la transformation rapide des flux financiers, l’objectif est clair : renforcer la souveraineté financière de l’Afrique en développant des circuits de paiement plus autonomes, plus rapides et moins coûteux.

Une dépendance encore forte aux places financières occidentales

Prenant la parole au nom de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers de Côte d’Ivoire (APBEF-CI), son vice-président Habib Blédou a salué une initiative « stratégique » portée par Afreximbank, visant à renforcer l’autonomie financière du continent.

Selon lui, malgré la montée en puissance des échanges Sud-Sud, les transactions commerciales entre l’Afrique et ses partenaires, notamment la Chine, transitent encore majoritairement par des places financières comme New York ou Londres.

« Lorsqu’un importateur ivoirien règle une marchandise achetée à Guangzhou, les flux passent encore par des circuits indirects, avec des coûts et des délais imposés de l’extérieur », a-t-il expliqué, soulignant une inefficacité structurelle du système actuel.

Pour les professionnels du secteur, cette situation n’est pas une fatalité, mais une configuration héritée qu’il est désormais possible de transformer grâce à une meilleure organisation et à des outils financiers adaptés.

Des flux commerciaux colossaux mais coûteux

Les chiffres confirment l’ampleur du défi. Chaque année, entre 250 et 300 milliards de dollars d’échanges commerciaux sont enregistrés entre l’Afrique et la Chine. Pour la Côte d’Ivoire seule, les importations en provenance du géant asiatique ont dépassé 3 milliards de dollars en 2024.

Cependant, une part importante de ces flux continue de transiter par des intermédiaires financiers extérieurs, générant des surcoûts estimés entre 5 % et 10 % de la valeur des transactions. À l’échelle continentale, ces pertes représentent des milliards de dollars de manque à gagner pour les économies africaines.

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