Est de la RDC : Berlin augmente la pression sur Kigali

Le gouvernement allemand dénonce la présence detroupes rwandaises dans l’est de la République démocratique du Congo. Une position exprimée après la visite àBenidu délégué allemand aux droits de l’homme et à l’aide humanitaire, le professeur Lars Castellucci. 
 
L’Allemagne et la République démocratique du Congo entretiennent des relations étroites. C’est dans ce cadre que ce responsable allemand s’est récemment rendu en RDC. Une visite qui intervient alors que les rebelles de l’AFC‑M23, soutenus par leRwanda, occupent depuis plus d’une année Goma, Bukavu et plusieurs localités du Nord‑Kivu et du Sud‑Kivu.

L’Allemagne entre fermeté et realisme sécuritaire

Très attachée au respect du droit international, l’Allemagne dit comprendre les arguments sécuritaires avancés par Kigali, mais exige le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais. 
 
 “Nous ne devons pas nous habituer aux violations du droit international, et cela vaut également pour cette région. Des troupes du Rwanda, pays voisin, se trouvent ici, dans l’est du Congo, où elles n’ont pas leur place et d’où elles doivent rentrer chez elles. D’un autre côté, le Rwanda invoque des intérêts sécuritaires qui ne peuvent pas non plus être ignorés”, explique le Professeur Lars Castellucci, délégué allemand aux droits de l’homme et à l’aide humanitaire.
 
En décembre dernier, à Washington, les présidents congolais Félix Tshisekedi et rwandais Paul Kagame ont entériné un accord de paix, signé quelques mois plus tôt par leurs ministres des Affaires étrangères.

USA Washington D.C. 2025 | Kagame, Trump et Tshisekedi lors de la signature de l'accord de paix entre le Rwanda et la RDC
Malgré l’accord de paix signé entre le Rwanda et la RDC, il y a peu de changement sur le terrain.Image : Andrew Caballero-Reynolds/AFP

Mais sur le terrain, il y a peu de changements. Destroupes rwandaises continuent d’appuyer les rebelles de l’AFC‑M23 face à l’armée congolaise.
Berlin appelle donc au respect des engagements pris, à la mise en œuvre effective du cessez‑le‑feu et au renforcement de l’autorité de l’État congolais pour assurer la protection des civils.

Berlin mise sur la pression diplomatique

L’Allemagne dit suivre de près les initiativesdiplomatiques en cours, notamment à Paris, Doha et Montreux. Pour le professeur Lars Castellucci, une pression internationale accrue, en particulier sur le Rwanda, reste indispensable pour espérer une désescalade durable.
 
La première chose à faire c’est de regarder ! C’est pour cela que je suis venu ici. C’est pour cela que nous étions représentés à la conférence de Paris, où des fonds ont été collectés pour l’aide humanitaire à l’échelle mondiale. Nous tournons notre regard vers Montreux, vers Doha, où nos partenaires travaillent à des solutions de paix« , a t-il indiqué avant de souligner que « maintenant, il faut maintenir et intensifier toute la pression possible sur les parties belligérantes et, je le repète, en premier lieu en direction du Rwanda, avec lequel il existe des relations étroites, afin que les troupes se retirent.”
 
Dans tous les cas, pour l’Allemagne, la diplomatie et la pression internationale demeurent indispensables pour parvenir à une désescalade durable dans l’Est de la République démocratique du Congo, alors que les efforts se poursuivent pour rétablir la stabilité dans l’ensemble de la région.

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