Lethargie. Voilà le mot qui résume l’étrange posture de l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Moins d’un an après sa création, le parti, porté par l’aura de son fondateur, s’est imposé comme la première force politique du pays. Né de la conviction que “la politique gabonaise doit être inclusive, ancrée dans les réalités de chaque province et tournée vers les résultats”, il a remporté un succès électoral éclatant. Mais derrière ce triomphe se dessine une inquiétante inertie. “C’est encourageant mais ce n’est pas suffisant”, admet Brice Clotaire Oligui Nguema, président fondateur du parti, dans un aveu de prudence qui en dit long sur les défis à venir.
Sur le terrain, dans les médias, dans le débat public, l’UDB reste étonnamment absente. Elle vit de son aura, pas de son action. L’effet de nouveauté suffit encore à masquer l’absence d’une organisation robuste, capable de durer. Élu première force politique, le parti peine à faire entendre ses idées. Le paradoxe est frappant : triomphant dans les urnes, presque invisible dans l’espace politique quotidien. Brice Clotaire Oligui Nguema le sait et le dit clairement : “un parti ne vit pas que par ses élus. Il vit par ses idées, sa présence sur le terrain, sa capacité à former et à écouter”. Comme quoi, la fragilité organisationnelle peut être une menace pour la durabilité de son succès.
Fort heureusement, un congrès est annoncé. “Il sera l’occasion de structurer davantage le parti, de le renforcer par l’expérience et de fixer le cap pour les années à venir”, précise le président fondateur. Nouveau casting en perspective ? Au-delà du formalisme, cette échéance apparaît en tout cas, comme une opération de rattrapage vitale. Le parti doit imposer la discipline, mobiliser ses militants et exister concrètement dans l’espace public. Sans cela, le triomphe électoral risque de n’être qu’un mirage statistique, même si, comme le rappelle Brice Clotaire Oligui Nguema, “l’UDB est un outil inclusif au service du projet de société du président élu”.
L’enjeu est de transformer l’élan initial en puissance durable, sinon l’UDB pourrait rester le parti de l’ombre malgré sa position de premier plan. La vraie bataille, dit-on, se gagne sur le terrain, dans la constance, l’organisation et l’adhésion populaire. Si les résultats des dernières échéances peuvent suffire à affirmer que le parti a gagné l’adhésion populaire, l’UDB doit encore prouver qu’elle n’est pas qu’un feu de paille.
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