Une « nouvelle méthode » pour établir la « carte scolaire » en Martinique, face à la diminution des effectifs comme dans 16 autres académies
Cette expérimentation lancée en avril 2026, part d’un constat : la baisse à venir du nombre d’élèves « estimée à 1,7 million d’ici à 2035 ». Actuellement, la méthode d’élaboration de la carte est basée sur un calcul annuel des effectifs, avec souvent un décalage entre l’ouverture ou la fermeture de classes, ce qui génère des tensions avec les syndicats.
Le changement consiste à faire une projection démographique pluriannuelle avec les acteurs des territoires retenus, qui travailleront ensemble leur carte scolaire au regard notamment des effectifs attendus et des contraintes de transport propres à chacun. « C’est à partir de ce travail que sera ensuite déduit un schéma d’emploi cohérent, qui sera présenté en loi de finances ».
« Une vision à long terme »
« Nous inversons la logique en partant du terrain et des réalités démographiques et géographiques de chaque territoire, pour construire ensuite le futur schéma d’emploi local. Cette nouvelle approche replace pleinement l’École au cœur des enjeux d’aménagement du territoire, avec une vision à long terme. »
Édouard Geffray, ministre de l’éducation nationale (avril 2026) · ©éducation.gouv.fr
« Cet enjeu prospectif doit être largement partagé », c’est en tout cas ce qu’espère le ministère. Les travaux engagés ces derniers jours avec les organisations syndicales, « se poursuivront dans les prochaines semaines, en lien étroit avec les territoires concernés ».
17 académies dans 18 départements et un territoire figurent donc dans le groupe expérimental : l’Aisne, les Hautes-Alpes, le Cantal, la Charente, les Côtes-d’Armor, le Doubs, la Drôme, le Finistère, la Gironde, l’Indre, la Loire-Atlantique, la Manche, la Meurthe-et-Moselle, le Pas-de-Calais, la Saône-et-Loire, les Yvelines, le Tarn-et-Garonne et la Martinique.
« Vigilance » au sein des organisations syndicales
Si pour certaines organisations syndicales, la démarche est « louable », elles appellent néanmoins à « une vigilance accrue », en particulier sur les effets budgétaires et éducatifs. « Si ça fonctionne, je généraliserai la méthode l’année prochaine » [en 2027], a assuré Édouard Geffray.
Mais dans un contexte d’instabilité gouvernementale et à l’approche des élections présidentielles, on peut s’interroger toutefois sur l’avenir réel de ce projet.
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