Seth Rogen en plein bad trip dans The Studio.Image: Apple
Seth Rogen et Evan Goldberg nous pondent une immersion dans un studio hollywoodien. Le duo comique use de la satire pour scanner un milieu sous pression et qui se replie sur lui-même.
26.03.2025, 05:4326.03.2025, 08:27
Plus de «Divertissement»
Dans une cacophonie constante, The Studio nous ouvre les portes du temple du grand Hollywood et des studios qui tournent à plein régime pour basculer dans la facette ombragée de la création d’un film. Le duo Seth Rogen et Evan Goldberg ouvre les portes du temple de l’usine à rêves, comme cette industrie est si souvent appelée.
Mais derrière ce rêve fantasmé par le commun des mortels, il y a souvent le cauchemar à la marge. Cette percée dans le 7e art est incarnée par Matt Remick (Seth Rogen), catapulté à la tête de Continental Studios. Un studio de production qui est à la peine, qui doit absolument remplir les tiroirs-caisses pour sauver sa peau.
A sa tête, le grand patron Griffin Mill (Bryan Cranston), un mec assez instable avec sa paire de lunettes sur le tarin, affublé de comportements souvent à la limite. C’est lui qui vous donne rapidement les clefs pour cerner Matt: «Vous êtes obsédé par le fait que les acteurs et les réalisateurs vous apprécient, plutôt que par le fait de faire gagner le plus d’argent possible au studio». En plein dans le mille, Mister Mill.
Martin Scorsese pleure, Ron Howard pète les plombs
Matt Remick, tiraillé entre la rentabilité et la créativité, empoisonné par les tours de passe-passe pour dégoter le bon cinéaste derrière la caméra; il remplit un rôle ingrat pour faire les beaux jours du studio.
Il fera pleurer à chaudes larmes Martin Scorsese lors d’une fête organisée chez Charlize Theron, pour un sale coup orchestré à contrecoeur. Ou encore il s’empoignera avec Ron Howard, qui ne veut pas couper une séquence symbolique dans son prochain film, Alphabet City.
On y apprend également que l’agent de Wes Anderson ne sait même pas où il se trouve («Il va me virer par Zoom du Liechtenstein ou de je ne sais où»). Il ne manquait plus que Christopher Nolan, qui planche sur une bobine top secrète sur Jack l’Eventreur. «Et gros spoiler, c’est un « elle »», lâche hilare la productrice Patty Leigh (l’excellente Catherine O’Hara).
Bryan Cranston et sa vision hallucinée du métier.Image: Apple
Le plus drôle, peut-être, est le passage (digne d’un pied de nez) de Ted Sarandos, boss de Netflix, pour pousser le curseur de l’autodérision toujours plus loin – lui qui apparaît sur une plateforme concurrente.
Impossible de s’ennuyer
On se fend la poire dans ce ballet de stars, dans un enchaînement d’épisodes loufoques sur un rythme effréné de 10 épisodes d’environ 30 minutes. On se remémore furtivement la série Entourage, qui cartographiait l’existence d’un acteur tout en haut de l’affiche – avec ses potes et les teufs démesurées qui vont avec.
The Studio fonctionne dans ce même registre, avec en toile de fond le grand Hollywood qui peut se muer en boîte à chagrins ou à rires nerveux. C’est de la négociation de contrats; il faut composer avec les caractères de chacun et chacune dans un milieu ultra concurrentiel. Dans ce marasme incessant, il est souvent question du glamour (périclitant) qui tente de masquer une industrie qui se replie sur elle-même.
C’est un nouvel exemple de l’obsession du cinéma pour son propre petit monde.
Autour de ça, autour de personnages qui cherchent leur place, la série ne lâche jamais son bifteck lorsqu’il faut portraiturer cette terre promise du cinéma et du divertissement mondial. De la nostalgie, un souci persistant entre art et fric, The Studio cherche à capter les mouvements erratiques d’une époque qui bouscule le 7e art. En pleine mutation sociétale (on pense au casse-tête du casting de l’épisode 7), cette quête artistique et financière libère une dose d’adrénaline.
Résultat des courses, même si la série n’est pas au niveau du chef d’oeuvre, certes, on prend notre pied à suivre cette bande de furieux au milieu des vedettes, entre la pro du marketing Maya (la timbrée Kathryn Hahn), bardée de marques telles que Gucci ou Louis Vuitton, et Sal (Ike Barinholtz), autre collègue totalement perché. The Studio, derrière son voile comique et satirique, tapisse son récit d’une solitude dans cette usine à broyer les rêves.
«The Studio» est à découvrir le 26 mars sur Apple TV+.
The Studio — Bande-annonce
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