Le Soudan accuse les émirats de génocide et demande des mesures urgentes : L’audience de la CIJ prévue le 10 avril prochain
La Cour international de justice (CIJ) a annoncé, jeudi, qu’elle tiendra des audiences publiques le 10 avril prochain, au niveau de son siège à La Haye, durant laquelle elle entendra l’affaire introduite par le Soudan exigeant des mesures urgentes, contre les Emirats arabes unis, pour avoir manqué à ses obligations en matière de respect de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, en armant ses forces paramilitaires.
Dans sa requête, le Soudan accusé l’Etat des Emirats d’avoir financé et armé les RSF ( Forces de soutien rapide), une organisation paramilitaire qu’il combat depuis plus de deux ans et à laquelle il a fait subir, depuis quelques jours, de cuisants échecs.
Abou Dhabi a de tout temps nié ces affirmations, mais de nombreux experts, y compris de l’Onu et des rapports américains ont confirmé les accusations du Soudan. Dans sa requête, ce dernier a évoqué «des attaques intenses à caractère ethnique menées par les RSF et les milices arabes alliées contre la tribu non arabe Masalit en 2023 dans l’ouest du Darfour, qualifiées de génocide, par les Etats-Unis, au mois de janvier dernier.
La requête soudanaise porte sur «des actes commis par les FSR et par des milices qui lui sont alliées», notamment, mais pas seulement, des actes de génocide, meurtres, vols de biens, viols, déplacements forcés, violations de propriété privée, dégradations de biens publics et violations de droits de l’homme, dont la perpétration a été rendue possible par le soutien direct apporté par les Emirats arabes unis à la milice rebelle des FSR et aux groupes de miliciens associés.
Elle porte aussi sur des «actions que le gouvernement émirati a décidées, tolérées et menées, et continue de mener, en lien avec le génocide du groupe des Massalit au Soudan, depuis 2023 au moins». Les actes et omissions dont le Soudan fait grief aux Emirats arabes unis revêtent un caractère génocidaire en ce qu’ils visent à entraîner la destruction d’une partie substantielle du groupe des Massalit.
Pour le Soudan, il est établi par des éléments de preuve de tous types, que la milice rebelle des FSR, avec le soutien illimité des EAU, a commis des faits de génocide, de déplacement forcé et de meurtre. Il a donc demandé «d’établir la responsabilité» des Emirats et l’indication de «mesures conservatoires pour assurer d’urgence la protection la plus large possible aux civils soudanais qui demeurent exposés au risque grave et immédiat de subir, maintenant et à l’avenir, des actes de génocide».
Selon le Soudan, les EAU ont «manqué non seulement aux obligations découlant de l’article premier de la convention sur le génocide, mais aussi à d’autres obligations fondamentales mises à leur charge par cet instrument, notamment en commettant des faits constitutifs de tentative de génocide, d’entente en vue de commettre le génocide, d’incitation à commettre le génocide, de complicité dans le génocide et de manquement à l’obligation de prévenir et de réprimer le génocide». La CIJ a donc annoncé qu’elle entendrait la demande du Soudan, le 10 avril prochain.
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