Présidentielle 2025 en Côte d’Ivoire : “Le risque de reproduction de l’instabilité politique est très élevé” (Sociologue)

Dr Kamenan Arthur Yobouet


À quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, le climat politique s’alourdit avec des tensions autour des candidatures de Laurent Gbagbo et de Tidiane Thiam. Les débats sur leur éligibilité et le rôle de la Commission Électorale Indépendante (CEI) ravivent les fractures sociales et politiques du pays. Dr Kamenan Arthur Yobouet, sociologue, alerte sur le risque de reproduction de l’instabilité politique si un consensus sur les règles électorales n’est pas trouvé. Il souligne que ces divisions renforcent un climat de frustration qui pourrait mettre en péril la cohésion nationale.

En tant qu’arène de débat, les partis politiques concourent à la formation de la volonté générale en influençant l’opinion grâce aux débats qu’ils suscitent. A quelques mois de l’élection présidentielle d’octobre 2025 en Côte d’Ivoire, le mode de traitement des questions liées à l’éligibilité des candidatures de Laurent Gbagbo du PPA-CI et de Tidiane Thiam du PDCI, et, le rapport à la Commission Electorale Indépendante (CEI) par les partis politiques, fragilise le tissu social ivoirien.

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Lorsqu’on jette un regard rétrospectif sur l’organisation de l’élection présidentielle depuis 1995, l’exclusion des « principaux candidats » demeure une pratique courante dans le jeu politique ivoirien. Elle est rendue possible soit par une réforme du code électoral visant un adversaire politique en particulier, comme ce fut le cas en 1995 pour le candidat du RDR, Alassane Ouattara.

Soit par la radiation des listes électorales pour motif de condamnation judiciaire, avec l’exemple de Laurent Gbagbo et de Guillaume Soro en 2020.  En situation de précampagnes électorales d’octobre 2025, certains tenants du parti au pouvoir, le RHDP, alimentent des polémiques sur les origines de Tidiane Thiam et l’inéligibilité de Laurent Gbagbo. Cette manière d’agir vise, en première instance, à imposer la crédibilité du RHDP face aux partis d’oppositions ayant à leurs têtes des leaders jugés illégitimes.

Elle rallume le brasier du revers de « l’ivoirité » et de l’exclusion dans le jeu électoral en Côte d’Ivoire. De plus, la Commission Electorale Indépendante (CEI), dans sa configuration actuelle n’inspire pas la confiance de l’ensemble des partis politiques d’oppositions. Ces derniers l’accusent d’être proche du pouvoir RHDP. Comme 2010, le rapport des partis politiques à la CEI contient les germes d’une remise en cause de l’ensemble du processus électoral.

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Ainsi, face à l’absence d’un consensus autour des règles qui gouvernent le processus électoral de 2025, le risque de reproduction de l’instabilité politique est très élevé. Les partis politiques, dans leur quête d’exercice du pouvoir politique, fragilisent le tissu social ivoirien en s’inscrivant dans une démarche qui génère la frustration relative dans le jeu électoral.

Dr Kamenan Arthur Yobouet

Sociologue

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