Attaque de gangs contre une prison, 529 détenus s’évadent

Les autorités haïtiennes ont reconnu ce mardi (1er avril) qu’elles risquaient de perdre le contrôle d’une ville au nord-est de Port-au-Prince, la capitale, après une attaque de gangs contre une prison, qui ont libéré plus de 500 détenus.

L’attaque contre le commissariat de la ville de Mirebalais et sa prison, dans la nuit de dimanche à lundi, a entraîné l’évasion de 529 détenus, a précisé le représentant du gouvernement dans cette région, Frédérique Occean. 

Les policiers, en sous-effectifs, ont fui le commissariat. Les assaillants ont pu libérer les prisonniers et ont provoqué des dégâts dans la ville avant l’arrivée des renforts. Il y a des morts et des blessés au sein de la population locale. Des milliers de riverains de cette ville de quelque 100 000 habitants se sont réfugiés dans les communes avoisinantes.

Frédérique Occean, représentant du gouvernement

Les gangs, épaulés par des renforts, sont actuellement en train d’affronter les forces de l’ordre, selon le responsable.
« Ils ont pris le contrôle du lycée public de la zone. La situation est très compliquée. Nous risquons de perdre le contrôle de la ville« , située à une cinquantaine de kilomètres de Port-au-Prince, a-t-il reconnu.

Pays le plus pauvre des Amériques, Haïti pâtit depuis longtemps des violences des bandes criminelles, accusées de meurtres, viols, pillages et enlèvements, dans un contexte d’instabilité politique.
Le pays a connu un regain de violence depuis mi-février, avec des attaques de gangs contre la population.
En dépit de la présence de la force multinationale de sécurité (MMAS), la situation sécuritaire ne cesse de se détériorer. Cette force, menée par le Kenya et soutenue par l’ONU, a commencé à se déployer l’été dernier et compte désormais un peu plus de 1.000 policiers de six pays différents, bien loin des 2.500 attendus.


Un membre de la police Kényane dans un véhicule de patrouille à Kenskoff à Port-au-Prince 12/03/2025


Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a condamné l’attaque de Mirebalais, selon son porte-parole Stéphane Dujarric.
Il a appelé les autorités locales et la communauté internationale à « redoubler d’efforts » pour rétablir l’ordre dans le pays, notamment en fournissant à la force multinationale les équipements et les effectifs nécessaires.
Le président du Conseil présidentiel de transition, Fritz Alphonse Jean, a reconnu lundi que le pays était en « situation de guerre« , lors de la relocalisation du Tribunal de première instance en dehors de la capitale Port-au-Prince, pour cause d’insécurité.


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