Les Harkis en Camargue : entre mémoire et quotidien

René Jentet consacre cette série à Saïd Boualam, dit le Bachaga Boualam, figure tutélaire des Harkis et ancien vice-président de l’Assemblée nationale, et à la communauté harki en Camargue, près d’Arles. Sans chercher à glorifier leur engagement pendant la guerre d’Algérie, il met en lumière leur existence et souligne le manque de soutien de la France après l’indépendance. Dans le premier volet, le Bachaga Boualam raconte son parcours et explique comment la fidélité des Harkis à la France les a conduits à combattre aux côtés de l’Algérie française.

Cette deuxième partie du documentaire permet de découvrir le quotidien des Harkis du Mas Fondu. Entre perpétuation des traditions et désir d’intégration dans une société qui les marginalise, ces familles misent sur l’école pour offrir à leurs enfants un avenir meilleur.

Le départ d’Orléansville

L’émission s’ouvre sur l’exode des Harkis après la guerre d’Algérie. Le Bachaga Boualam revient sur la perte tragique de dix-sept membres de sa famille, assassinés au cours du conflit. Il raconte l’après des accords d’Évian, qui contraint les siens à fuir malgré les obstacles. Il évoque le drame vécu, la tristesse d’abandonner ce que l’on a connu et aimé.

L’accueil en France oscille entre solidarité et hostilité. Il rapporte notamment des propos racistes tenus par un sous-préfet. L’installation des familles s’organise peu à peu. Une partie de la communauté des Beni Boudouane, rapatriée par l’armée française, transite par des camps avant de s’établir au Mas Thibert.

La vie des Harkis en Camargue

René Jentet visite la cité du Mazet, où habitants et enfants témoignent de leur quotidien. Ils racontent la transmission des traditions, comme la fabrication du pain. Saïd Boualam insiste sur l’importance de l’école et évoque la manière dont les adultes ont défendu leurs compétences professionnelles, notamment en maçonnerie.

Des habitants se présentent, et René Jentet s’adresse aux enfants. Le Bachaga Boualam évoque la démographie de la communauté en France, la difficulté d’accès à un logement décent et à la pratique religieuse. Il souligne la précarité de nombreux Harkis, la solidarité qui les unit et leur désintérêt pour la politique.

La vie sociale des Harkis est mise en avant. Autour du thé à la menthe, symbole de convivialité, les échanges portent sur les habitudes de la communauté et la valeur de la parole donnée. René Jentet et Saïd Boualam discutent aussi des évolutions des nouvelles générations, témoins des mutations en cours.

  • Production : René Jentet
  • Réalisation : Yann Paranthoën
  • Avec Saïd Boualam, dit le Bachaga Boualam (militaire et homme politique), des habitants de la cité du Mazet
  • Le Mas Thibert : Bachaga Boualam 2/3 (1ère diffusion : 17/08/1972)
  • Edition web : Caroline Chaussé-Domergue, Documentation de Radio France
  • Archive Ina-Radio France


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