Référendum constitutionnel en Guinée : la junte fixe la date au 21 septembre 2025

La transition guinéenne prend un nouveau tournant avec l’annonce d’une consultation populaire sur une future Constitution, tandis que les critiques fusent après la libération controversée de l’ancien dictateur Moussa Dadis Camara.

Les autorités militaires au pouvoir en Guinée ont officialisé la tenue d’un référendum constitutionnel le 21 septembre prochain. Présenté comme une étape clé vers un retour à l’ordre démocratique, ce scrutin intervient après plusieurs reports, alimentant les doutes sur les engagements de la junte. Arrivée au pouvoir par un putsch en septembre 2021, celle-ci avait initialement promis une transition courte, sans parvenir à respecter son propre calendrier.

Le décret présidentiel, lu à la télévision nationale, confirme cette date malgré l’absence de précisions antérieures sur le processus électoral. Le général Mamadi Doumbouya, chef de la junte, avait pourtant qualifié 2025 d’ »année cruciale » pour la restauration des institutions. Une nouvelle Constitution pourrait modifier les règles de la transition, notamment en levant l’interdiction faite aux membres du régime de se présenter aux futures élections. Certains proches du pouvoir militent d’ailleurs pour une candidature de Doumbouya, malgré ses dénégations répétées.

Cette annonce survient peu après la grâce accordée à Moussa Dadis Camara, ancien dirigeant condamné pour son rôle dans le massacre de 2009, où des centaines de civils avaient été tués ou violés lors d’une répression sanglante. Une décision vivement condamnée par les défenseurs des droits humains, qui y voient un recul dans la lutte contre l’impunité. Les victimes et leurs familles, bien que promises à des indemnisations, dénoncent un affront à la justice.

Parallèlement, l’opposition et la société civile déplorent un durcissement autoritaire du régime, marqué par des restrictions croissantes sur les libertés publiques. Manifestations interdites, médias muselés et disparitions d’activistes alimentent un climat de tension, tandis que la lutte anticorruption menée par les militaires est perçue comme un outil de répression politique.

Dans un pays riche en ressources mais miné par la pauvreté, cette transition chaotique laisse planer l’incertitude sur l’avenir institutionnel de la Guinée. Le référendum de septembre s’annonce comme un test décisif, tant pour la crédibilité de la junte que pour les espoirs démocratiques des Guinéens.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.