Dans le paysage sportif, sur internet ou lors d’évènements culturels, il est désormais partout. Le drapeau rouge et vert à l’étoile jaune s’est imposé en Guadeloupe, mais n’a toujours aucune valeur officielle.
Un symbole populaire
Son officialisation fait encore débat. Le drapeau rouge et vert est dans tous les cœurs, mais absent des textes, selon le juriste Didier Destouches, qui a mené les expertises du Congrès sur le drapeau. Son appropriation culturelle est pourtant totale :
Ce n’est pas encore le drapeau officiel, mais c’est un drapeau qui est extrêmement représentatif d’un point de vue symbolique, historique et qui est l’objet d’une appropriation populaire croissante.
Pour fixer un cadre, la voie institutionnelle prévoit normalement un processus de sélection populaire :
Le processus qui est engagé est un processus de sélection, normalement. Donc, on doit avoir un choix pour la population des emblèmes, donc le drapeau, mais aussi l’hymne et une devise, pour avoir des symboles représentatifs.
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Un cadre juridique qui complique l’adoption
Mais pour Jean-Jacob Bicep, secrétaire général de l’UPLG, l’Union populaire pour la libération de la Guadeloupe, mouvement à l’origine du drapeau, l’histoire ne se met pas en compétition. Pas question donc d’organiser un concours citoyen, au risque de vivre la même confusion qu’en Martinique :
S’il s’agit de mettre différents drapeaux en compétition pour faire adopter un drapeau, je crains fort que la même mésaventure qui est arrivée en Martinique n’arrive en Guadeloupe. Ceux qui disent que ce drapeau est trop marqué politiquement… Un drapeau, c’est une histoire. Un drapeau, ce n’est pas quelque chose de neutre.
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Sauf que, selon le cadre juridique, l’État interdit qu’une collectivité adopte un symbole à caractère nationaliste ou politique, un obstacle de taille. Mais pour Jean-Jacob Bicep, les élus doivent prendre leurs responsabilités :
La seule chose qui les empêche d’adopter le drapeau, c’est qu’ils ont peur. Ils ne veulent pas assumer leur responsabilité.
En attendant qu’un consensus ne se dessine, ce drapeau continue de flotter sans décret, un emblème qui est déjà devenu une évidence populaire, à défaut d’être un symbole officiel.
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