Avec les gaz renouvelables, GRDF renforce la souveraineté énergétique de la France

La crise énergétique provoquée par la guerre en Ukraine, puis celle provoquée récemment par la guerre au Moyen-Orient, rappellent toutes deux que l’indépendance énergétique est devenue une nécessité absolue pour notre pays. En ce qui concerne le gaz, cette souveraineté passe par la diversification des approvisionnements et l’augmentation de la production sur le territoire national.

C’est pour relever ce défi que GRDF mise sur le développement des gaz renouvelables, et plus particulièrement du biométhane. Produit à partir de déchets agricoles, d’effluents d’élevage, ou de boues de stations d’épuration, ce gaz peut être injecté dans les réseaux existants et utilisé de la même manière que l’est le gaz naturel, sans devoir adapter les équipements.

Une filière qui monte en puissance

Le ministère de la Transition écologique rappelle que la filière biogaz participe déjà à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, au développement des énergies renouvelables et à l’économie circulaire, notamment par la valorisation du digestat en agriculture, et que les chiffres récents traduisent une montée en puissance rapide.

En 2024, 11,6 TWh de biométhane ont été injectés dans les réseaux français, soit 3,2 % de la consommation primaire de gaz naturel, en hausse de 27 % sur un an. À la fin de cette même année, 731 installations étaient en service et près d’un millier de projets supplémentaires étaient en développement.

La dynamique s’est poursuivie en 2025. Selon GRDF, les gaz renouvelables ont atteint 13,6 TWh de production, soit 3,9 % de la consommation de gaz en France, avec 803 installations raccordées et 15,6 TWh par an de capacités installées. Actuellement, 2 à 3 sites de méthanisation sont mis en service chaque semaine. La filière est désormais sortie du stade expérimental dans lequel elle est longtemps restée.

Vers un gaz produit en France

Dans ce vaste mouvement de balancier, le biométhane possède un atout stratégique majeur car il est produit là où se trouvent les ressources. Dans les exploitations agricoles, les stations d’épuration, les industries agroalimentaires ou les collectivités, les déchets deviennent une matière première énergétique disponible en permanence, sans devoir dépendre des fournisseurs étrangers. Cette capacité permet de créer de la valeur localement, et de renforcer l’autonomie des territoires.

Autre avantage décisif, la compatibilité de ce gaz vert avec les infrastructures existantes. Pour GRDF, cette continuité technique évite de devoir reconstruire tout le système, ce qui accélère la transition et permet de décarboner progressivement des usages difficiles à électrifier, notamment dans certains procédés industriels.

Réduire la dépendance aux marchés mondiaux

Cet shift vers le local a également une dimension géopolitique car la France importe encore l’essentiel du gaz qu’elle consomme. À ce titre, GRDF indique que la Norvège représentait 40 % des importations françaises de gaz en 2024, devant les États-Unis ou encore l’Algérie… Suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, la diversification des fournisseurs a permis de sécuriser les approvisionnements, mais sans supprimer la dépendance aux marchés internationaux, ni aux prix du gaz naturel liquéfié.

Dans ce contexte, chaque térawattheure produit localement et de façon souveraine à partir du biométhane enlève une part de vulnérabilité et d’incertitude. À terme, GRDF estime que le gaz vert pourrait représenter 20 % de la consommation française de gaz en 2030, avant une perspective de 100 % en 2050. La nouvelle programmation pluriannuelle de l’énergie va d’ailleurs dans cette direction, en fixant le cap de 44 TWh de biométhane injecté en 2030, et jusqu’à 82 TWh en 2035.

Pour GRDF, l’enjeu est désormais de passer d’une filière en croissance à une filière industrielle déployée à grande échelle, qui sera capable de peser réellement dans le mix énergétique national.

Crédit: Lien source

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.