L’organisme Nourrir NB peut pousser un soupir de soulagement: le gouvernement lui octroie 9 millions $ de financement prévisible, pour les trois prochaines années. Cela aura aussi un effet positif pour les producteurs locaux qui fournissent l’organisme.
Le directeur général de Nourrir NB, Stéphane Sirois, a passé un beau lundi matin au travail: les ministres John Dornan (Santé) et Cindy Miles (Développement social) sont venus dans son entrepôt de Moncton avec trois jolis chèques.
En effet, Nourrir NB va bénéficier d’un financement du gouvernement de 2,75 millions $ en 2026-2027 (incluant 458 000$ accordés en février), de 3 millions $ en 2027-2028, et de 3,25 millions $ en 2028-2029.
Soit un total de 9 millions $ sur trois ans, qui vont permettre à l’organisme de se concentrer sur sa mission (aider les personnes qui peinent à se nourrir convenablement) sans avoir à craindre de manquer d’argent – en tout cas jusqu’en 2029.
«Le réseau des banques alimentaires connaît une crise, et nous avions besoin d’un financement prévisible et stable, explique M. Sirois. [Ce financement] va garantir que les banques alimentaires ont assez de nourriture pour nourrir tous ceux qui en ont besoin.»
Au cours des dernières années, Nourrir NB devait faire des demandes annuellement au gouvernement pour obtenir les moyens dont les 69 banques alimentaires et cuisines communautaires membres de son réseau ont besoin. Une partie de ces fonds était considérée comme du financement «d’urgence», donc non pérenne.
«Une entente de trois ans, on n’a jamais eu ça avant», assure M. Sirois.
«Dans l’après-COVID, on recevait un million ici, un million là… L’an dernier, on a eu 2,5 millions $. On est fiers de s’éloigner des situations d’urgence, et de ne plus devoir plaider notre cause chaque année.»
Après des années d’inflation, l’incertitude alimentaire s’est tellement répandue au Nouveau-Brunswick (et ailleurs au Canada) qu’on peut maintenant la considérer comme durablement ancrée.
Et elle touche de nouvelles personnes: Stéphane Sirois dit avoir vu il y a quelques mois un couple de retraités ayant «travaillé dur toutes leurs vies» se résigner à aller dans une banque alimentaire. Quelques problèmes de santé ont suffi pour qu’ils ne soient plus capables d’acheter à manger.
Que des produits frais
Des 9 millions $, «100% va aller à l’achat de nourriture», promet le DG. Et plus spécifiquement de produits frais (fruits et légumes, viandes, produits laitiers…) provenant de producteurs locaux – les produits non périssables, comme les boîtes de conserve, sont des dons d’épiceries.
C’est là que la prévisibilité du financement devient intéressante: en pouvant dès le début de l’année faire une grosse commande à une ferme, Nourrir NB est en position de force pour négocier un meilleur prix d’achat.
Quant aux fermiers, cela leur permet de savoir quoi planter au printemps, avec l’assurance que toute leur production sera vendue. Ils sortent donc eux aussi gagnants de cette annonce.
Chaque mois, le réseau de Nourrir NB (banques alimentaires et cuisines communautaires) reçoit environ 50 000 visites, correspondant à 20 000 à 30 000 familles ou individus.
Il faudra donc bien plus que trois millions de dollars par an pour résoudre le problème de l’insécurité alimentaire, ce que la ministre du Développement social Cindy Miles reconnaît sans détour.
«Cette entente aide à combler certains besoins immédiats, mais tout le monde dans cette pièce sait qu’il y encore beaucoup de travail à faire», déclare-t-elle.
Elle promet que le gouvernement travaillera à rendre la vie plus abordable, notamment en révisant «près de 100 programmes gouvernementaux qui peuvent être considérés comme des mesures d’abordabilité», afin de vérifier s’ils atteignent leurs cibles.
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