L’idée d’un cadre de concertation des anciens présidents d’institutions fait son chemin au Bénin. Mais à peine annoncée, l’initiative portée par les anciens chefs d’État Boni Yayi et Nicéphore Soglo, ainsi qu’Adrien Houngbédji, ancien président du parlement, suscite déjà des avis partagés.
L’information a fuité le 16 mars 2025 lors d’une rencontre à Cotonou, entre l’ancien chef d’Etat Boni Yayi et l’ancien président du parlement Adrien Houngbédji. L’idée derrière le cadre de concertation, est de renforcer les liens des anciens présidents d’institutions du Bénin et de valoriser leurs expériences au service du pays. Plusieurs discussions ont déjà eu lieu dans le cadre de la mise en place de cette plateforme de réflexion. La première réunion officielle des membres de ladite plateforme est annoncée pour bientôt.
Pertinence
L’importance d’un cadre de concertation qui réunit les anciens présidents d’institutions est diversement appréciée. Ce creuset peut être une source d’inspiration pour le président de la République en exercice. Il peut être un véritable recours pour le pays face à des situations délicates dont le dénouement nécessite l’intervention des plus anciens.
“Que des anciens présidents décident de mettre les expériences acquises au service de la nation, c’est à saluer”, estime Jacob Tognigbé, secrétaire national à l’information et à la communication du parti Nouvelle force nationale (NFN Etchiko). Il y voit un intérêt dans la mesure où “ce cadre de concertation des anciens présidents d’institutions va contribuer à l’organisation de bonnes élections générales de 2026”.
Mais, des sources proches des initiateurs du projet ont beau rejeter l’idée d’un creuset à visée électorale ou partisane, des doutes subsistent chez certains analystes. Pour donner à ce creuset des chances de prospérer, “les craintes et récriminations des membres de ce cadre de concertation en gestation ne doivent pas s’exposer sur la place publique comme une opposition au président de la République en exercice”, prévient Julio Tomety, juriste et analyste politique.
Le plus difficile, concilier les intérêts divergents
Les initiateurs du projet y compris les futurs membres sont de diverses sensibilités politiques. Le cadre de concertation annoncé va en effet regrouper les anciens présidents Nicéphore Soglo et Boni Yayi, les anciens présidents de l’Assemblée nationale, Bruno Amoussou, Adrien Houngbédji, Idji Kolawolé, Mathurin Nago et les anciens présidents de la Cour constitutionnelle Robert Dossou et Théodore Holo. Ces anciens présidents d’institutions ne partagent pas forcément les mêmes avis sur plusieurs sujets préoccupants tels que les élections libres et inclusives, la libération des personnalités politiques en prison et celles en exil. Leur capacité à surmonter les divergences politiques autour de ces sujets majeurs reste une question posée.
Du côté de l’exécutif, aucune réaction officielle n’a pour le moment été entendue au sujet du projet de cadre de concertation. Toutefois, en juin 2022, à l’occasion d’une rencontre avec Boni Yayi, le président Patrice Talon avait marqué sa détermination à maintenir le dialogue avec ses prédécesseurs au sein d’un cadre de concertation.
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