Alors que se tient le Fespaco dans la capitale burkinabè, Apolline Traoré, étalon d’argent de la dernière édition du Festival, a lancé « Allons au musée », pour promouvoir la culture locale. L’idée est d’inciter ses compatriotes à visiter davantage le Musée national du Burkina, crée en 1962, dont elle est l’ambassadrice.
Avec une collection estimée à environ 14 000 objets repartis en quatre catégories (ethnographiques, contemporains, archéologiques et objets divers), ce Musée situé dans la capitale burkinabè est pourtant peu fréquenté par la jeunesse du pays. « Nos enfants sont tous devant leur écran et ils ne lisent plus ; ils ne savent plus exactement quelle est cette culture de nos ancêtres », constate-t-elle. À ses yeux, l’évolution de la société et surtout le modernisme ne devraient pas occulter l’importance de « sauvegarder nos sources ». « Il faut que nous sachions d’où nous venons », insiste Apolline Traoré qui à travers cette première édition lance un appel à la jeunesse de son pays.
« Les belles facettes de notre tradition »
« Je n’y avais jamais mis les pieds depuis que je suis à Ouagadougou. Je constate qu’il y a un travail louable qui est fait et je félicite la promotrice », témoigne Mme Bazongo, venue avec ses enfants, au lancement de cet événement le 23 février.
Comme elle, plusieurs participants à la soirée d’ouverture ont salué une initiative qui vient à point nommé. Pour Rachel Kocty, il s’agit d’un « événement exceptionnel » qui survient à « un moment où la culture, au Burkina Faso, est quelque peu mise au second plan ». Pour sieur Gouba, cet autre festivalier, « participer à une telle initiative, c’est renaître avec sa propre histoire ; le musée renaît de ses cendres et cela nous galvanise à valoriser notre patrimoine ».
Quant à Léila Werem, elle estime que c’est un « beau projet » car, avoue-t-elle, « cela nous permet de voir les belles facettes de nos traditions et savoir qu’elles ne sont pas toutes mauvaises comme on a pu nous le faire croire ».
Il ne faut pas opposer la culture à la religion
Au Burkina Faso, comme dans une grande partie du continent africain, face à la montée d’une idéologie d’affirmation de l’identité culturelle africaine, les jeunes peuvent tomber dans une sorte d’opposition entre culture africaine et religions moderne.
Catholique mais « pas fervente pratiquante », Apolline Traoré invite les jeunes à une ouverture d’esprit. « Je ne pense pas qu’il y ait une opposition ; il faut tout simplement une adaptation, soutient-elle. Certes, il faut connaître sa culture, et la valoriser à sa manière mais après, chacun a le droit de prier le Dieu qu’il veut ».
Pour faire d’une réalité cet équilibre nécessaire, il faut avoir « une éducation de base très solide, ancrée dans notre patrimoine ». En effet, explique la promotrice, « on peut s’ouvrir au monde très facilement, quelle que soit la culture, si on a une base très solide ». Au contraire, affirme-t-elle, « c’est justement quand on n’a pas cette base qu’on se perd » dans des confusions qui conduisent à des oppositions qui ne devraient pas exister. Ainsi, renchérit-elle, « il n’y a de problème que si on n’a pas de base ».
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