Cameroun: le combat de Djamila, mère d’un enfant autiste non-verbal

Ce 2 avril est la journée mondiale de sensibilisation à l’autisme. Au Cameroun, la société est encore inadaptée à la différence, comme en témoigne Djamila Kaya, une maman qui se bat pour son fils et appelle à une véritable inclusion des personnes autistes.

Augustine Asta – Cité du Vatican

Son combat est celui de milliers de parents à travers le monde. Celui de la camerounaise Djamila, une maman confrontée à des années d’errance médicale, dont le courage la porte à remuer ciel et terre pour son fils Yada, âgé de 9 ans, autiste non-verbal qui fut diagnostiqué lorsqu’il avait 11 mois. Dès lors sa vie a basculée. «Comme mon fils est encore un enfant, les préjugés sociaux n’ont pas encore beaucoup d’impact sur lui. C’est nous les parents qui portons ça pour le moment. Et c’est dur», confie Djamila qui fait face, au quotidien, au regard de la société.

Même si des statistiques officielles ne sont pas disponibles, plusieurs enfants autistes en âge d’être scolarisés sont répertoriés au Cameroun. Seulement, déclare-t-elle, «beaucoup de familles garde les enfants autistes enfermés à la maison par manque de moyens financiers». Une triste réalité qui «fait mal au cœur», explique-t-elle.

Les difficultés au quotidien

Chaque jour malgré les difficultés, Djamila essaye de le faire progresser. Aujourd’hui, l’enfant est bien suivi, mais ce n’était pas le cas il y a quelques années. «Nous étions dans une petite ville au Cameroun où il n’y avait pas de centre spécialisé avant. Et quand il fallait l’inscrire à l’école, on est allé vers la directrice qui nous a dit que c’était possible de le faire parce qu’il était déjà en âge d’aller à l’école. Et dès qu’il a commencé, je crois, avant de finir la première semaine, la maîtresse nous a rappelé pour nous dire qu’il fallait qu’on reprenne l’enfant», affirme-t-elle, la gorge nouée.

Outre les difficultés à établir des interactions sociales et à communiquer, le petit Yada a de la peine à s’alimenter convenablement. «Il lui faut tout lui apprendre. Il entend tout ce qu’on lui dit, mais il n’exécute pas tout. Il ne mange pas tout ce qu’on lui présente, mais il aide à choisir ses aliments». Elle évoque aussi le travail qu’elle mène pour stimuler son fils. «Il est hyper actif et ça demande beaucoup d’énergie quand même. Pour faire ses simples devoirs, il ne peut pas te donner deux minutes de concentration. C’est très difficile d’obtenir un peu de sa concentration. Aussi il faut toujours l’accompagner partout, même aux toilettes», raconte la jeune femme.

Si la mère du petit se bat depuis sa naissance pour qu’il soit pris en charge et accompagné. En ce 2 avril, la jeune femme veut saisir l’opportunité de cette journée mondiale de sensibilisation à l’autisme -célébrée en 2025 sous le thème «Promouvoir la neurodiversité et les objectifs de développement durable (ODD)», pour appeler à une véritable inclusion des personnes autistes au sein de la société. «Il faut davantage sensibiliser des personnes autour du handicap. Beaucoup ne connaissent pas l’autisme. Moi-même, avant que le médecin ne diagnostique le handicap de Yada, je ne savais pas de quoi il s’agissait. J’ai donc découvert cela et j’ai fait des recherches davantage», a-t-elle fait savoir.

La considération des personnes autistes

«Les gens doivent apprendre à comprendre que c’est un handicap et rien d’autre», argue-t-elle d’un ton ferme. Pour Djamila, «Il faut essayer de donner une chance à tous ces enfants autistes afin qu’ils puissent s’intégrer dans la société». Car «ce sont des êtres humains comme nous. Etn effet il s’agit juste d’un handicap».

La solution pour mettre fin à la stigmatisation que subissent ces enfants qui n’ont pas demandé à naître avec ce handicap consiste, pense-t-elle, à «davantage sensibiliser», surtout «au Cameroun où c’est un handicap qui est peu connu», dit-elle.

L’État devrait donc, estime Djamila, miser sur la création de «centres de formation et d’apprentissage pour personnes autistes et surtout baisser les coûts de l’accès à ces structures spécialisées, pour pouvoir aider les familles, qui n’ont pas assez de moyens financiers».

De son côté, la jeune maman essaie tant que faire se peut de procurer joie et amour à son fils afin qu’il puisse grandir dans un environnement chaleureux «Yada est un enfant hyperactif. Il ne peut pas rester sur place. Il est toujours en train de sauter, monter, crier. Il est toujours en activité. Du coup, on essaie de sortir au maximum avec lui pour lui donner assez d’espace pour qu’il puisse jouer comme il veut et dégager toute cette énergie qu’il a et l’intégrer dans la société».

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