Les travaux du 8ème Conseil national des Communicateurs Catholiques de la Conférence épiscopale du Cameroun se tiennent se déroulent au siège de la Conférence, à Mvolyé-Yaoundé, du 24 au 27 février 2025. Le thème choisi cette année est «Communiquer la force de l’espérance au Cameroun, dans le cadre de l’année jubilaire et électorale, avec les moyens modernes de communication».
Paule Valérie Mendogo – Yaoundé
Une trentaine de communicateurs catholiques participent à cet évènement qui survient tous les deux ans. Le 8ème Conseil national revêt une coloration particulière du fait du double défi qui se présente au peuple de Dieu qui est au Cameroun, à savoir: célébrer le jubilé de l’Eglise et vivre en même temps l’année de l’élection présidentielle. Les travaux ont été par l’archevêque de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga, en présence du secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), Mgr Paul Nyaga.
Être messagers d’espérance en cette année jubilaire et messagers de paix en cette année électorale
Dans son mot d’accueil, le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Cameroun, Mgr Paul Nyaga, a rappelé aux Communicateurs catholiques du Cameroun la mission commune de diffuser de la Parole de Dieu et de promouvoir les valeurs chrétiennes à travers les divers moyens de communication. Citant le Pape François dans son message à l’occasion de la 59ème Journée mondiale des communications sociales, Mgr Nyaga a rappelé aux communicateurs de «partager avec douceur l’Espérance qui est dans leurs cœurs». Mgr Nyaga s’est aussi appuyé sur l’invitation des évêques du Cameroun aux hommes et femmes de médias, le 11 janvier 2025, lorsqu’ils les exhortaient à être compétents dans leur domaine, à se distinguer par leur savoir-faire et la qualité des contenus, ainsi que la résistance aux pressions opposées à la déontologie et à l’éthique de leur profession. Le Secrétaire général de la CENC a invité les Communicateurs catholiques à témoigner des valeurs évangéliques, à être des messagers d’espérance en cette année jubilaire, des messagers de paix en cette année électorale, et à faire entendre avec douceur la voix de l’Eglise catholique dans tous les domaines de la vie.
La mission du communicateur catholique
Au cours de la cérémonie d’ouverture des travaux dudit Conseil, l’archevêque métropolitain de Yaoundé, Mgr Jean Mbarga a d’abord élucidé le terme communication catholique et ses missions. «La communication dite catholique ou faite par les catholiques repose sur trois préoccupations majeures communication: il s’agit de partir de la Communication sociale vers la Communion sociale; de l’évangile dans les médias à la médiatisation de l’évangile; et de la numérisation de l’évangile parvenir à l’évangélisation du numérique». En d’autres termes, a expliqué Mgr Jean Mbarga, «que ce qui nous sert de moyens pour communiquer devienne aussi sujet de notre communication, et que les hommes et les femmes de médias sachent qu’ils sont à la fois et promoteurs et sujets de l’évangélisation. Il s’agit donc d’un double mouvement qui indique le grand rendez-vous du donner et du recevoir tel qu’il en existe entre la foi et la culture».
Produire une communication originale
Partant de l’appel lancé aux communicateurs par le Saint Père le 25 janvier 2025 lors de la célébration du jubilé de la communication à Rome, «Soyez des promoteurs de l’Espérance», Mgr Jean MBarga a montré la pertinence du thème choisi pour ce 8ème Conseil. Pour l’archevêque métropolitain de Yaoundé, le monde des médias étant le héros de notre temps, il exige les concepts de compétence et de compétition si nécessaires aux communicateurs. Sur cette base, il a pris la peine de relever les caractéristiques d’un Communicateur catholique. Il s’agit d’une femme et d’un homme de culture ayant acquis une connaissance encyclopédique, capables de développer des relations à tous les niveaux, conciliant de façon harmonieuse et productive la tradition africaine, la foi chrétienne et la modernité, un mélange qui rend leur communication originale.
Par ailleurs, a poursuivi Mgr Mbarga, le Communicateur catholique allie science et conscience, dans un enracinement anthropologique qui le porte à rencontrer le monde avec la couleur et l’identité de son terroir et au service d’une Eglise toujours rayonnante. Il doit donc apprendre à dialoguer pour accueillir la diversité car il existe avec les autres, mais sans confusion. En effet, le Communicateur catholique puise dans des sources spéciales que sont la longue tradition bimillénaire de l’Eglise, la force de l’Evangile et la vitalité de l’Eglise au cœur des sociétés. Le Communicateur catholique doit par conséquent irradier le monde par sa présence, créer partout une ambiance propice à la joie, à la paix et au dialogue, a encore dit l’archevêque de Yaoundé.
Le communicateur catholique, source de vie, de paix et d’harmonie
L’archevêque de Yaoundé a insisté sur le dialogue comme présupposé de la paix, un dialogue critique et non de critique, immunisé de l’esprit de domination et de la manipulation. Le communicateur catholique, dans le monde qui est son milieu professionnel, est source de vie, de paix et d’harmonie, évitant par-là «la grosse gueule» ainsi que la voix et l’ écriture de la calomnie; et il s’attèlera à bâtir sans déconstruire, et comme un prophète, annoncer et ne pas seulement dénoncer, et puis renoncer à lui-même, a encore déclaré le prélat.
Une communication pour la cohésion sociale
Mgr Jean Mbarga a également invité les Communicateurs catholiques du Cameroun à Garder à l’esprit que derrière un micro se trouve le monde, et derrière le monde, des personnes humaines. C’est pourquoi il faut servir la communauté humaine sans la diviser, sans haine ni diffamation. Il a en outre relevé que le Communicateur catholique est une icône, une personne au-dessus de la masse parce qu’elle porte un regard subliminal sur la réalité.
L’archevêque de Yaoundé a terminé son propos en exhortant les Communicateurs catholiques du Cameroun à cultiver l’espérance à partir de l’évangile des béatitudes, et d’en faire leur charte évangélique, faisant rayonner davantage ce qui est beau.
La responsabilité du communicateur camerounais dans le processus électoral
Dans le jeu des questions-réponses qui ont suivi ce brillant exposé, toutes axées sur la conduite communicationnelle à tenir durant cette année électorale, Mgr Jean Mbarga a insisté sur la notion de responsabilité dans la communication. Pour ce faire, il a dévoilé le tableau de bord de tout Communicateur qui se veut catholique. Ce tableau de bord indique que les relations Eglise-Etat sont des relations constitutionnelles et institutionnelles remontant à des temps immémoriaux. Le communicateur catholique dans l’exercice de sa profession, devra donc respecter la Constitution du Cameroun et celle de l’Eglise (exposée dans Gaudium et Spes). Ses prises de paroles tiendront compte des principes des Relations interpersonnelles, institutionnelles, internationales, culturelles et diplomatiques. Ce tableau de bord à partir duquel on modèle sa parole révèle les différents niveaux de considération pour élever la pensée et agir efficacement. Le Communicateur catholique doit être capable de parler sans parler, et de rendre compte de la vérité dans la charité, en toute responsabilité.
«En cette période délicate, la responsabilité est donc le Maître-mot», a martelé l’archevêque de Yaoundé. «Que notre parole prenne en compte ces paramètres et elle rendra service au peuple», a-t-il ajouté. Par ailleurs, il est revenu sur l’importance de toujours tenir compte de la constellation de destinataires qui reçoivent notre message et l’interprètent, chacun suivant son angle. Le Communicateur catholique évitera donc la spontanéité non critique, la communication de la rue, et en tout, il fera preuve de discernement, «car nos actes de communication ont une portée universelle».
«Témoins et Héritiers» d’une culture de communication
Mgr Jean Mbarga a terminé son enseignement en signifiant aux communicateurs catholiques qu’ils sont «Témoins et Héritiers» d’une culture de communication, et que la paix est un impératif au Cameroun, pays satellite, c’est-à-dire desservant plusieurs autres pays de la sous-région. La paix peut même être considérée du point de vue éthique comme le moindre mal que nous devons choisir.
Tout au long de ce conseil, les participants suivent des exposés sur les moyens de «communiquer la force de l’espérance dans le contexte de l’année jubilaire et électorale au Cameroun». Les Processus et défis de l’année électorale au Cameroun seront abordés, notamment la promotion des libertés humaines et un climat de paix pré et post électoral. Les participants auront également un atelier d’élaboration des initiatives communes de communication.
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