Dans un monde traversé par les conflits, la question de la paix résonne avec une intensité particulière pour les militaires. Dans ce contexte, la présence de la délégation camerounaise au Pèlerinage Militaire International (PMI) de Lourdes résonne d’une manière particulière. Depuis plusieurs années, leur pays est confronté à des violences multiples : terrorisme de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, tensions séparatistes dans les régions anglophones, fractures sociales et crise de confiance politique. Quelques semaines après la visite du pape Léon XIV au Cameroun, et ses appels appuyés à la paix, au dialogue et à la réconciliation à Bamenda et Douala, le colonel Thierry de l’Etat-major de l’armée de terre camerounaise et chef de la délégation camerounaise au PMI, revient pour Aleteia sur la quête de paix de son pays et l’élan insufflé par la visite du Saint-Père.
Aleteia : Le Cameroun participe au Pèlerinage Militaire International depuis 2022. Que représente pour vous ce rendez-vous à Lourdes ?
Colonel Thierry : Le Pèlerinage Militaire International est très important pour notre pays. Le Cameroun est un État laïc, mais profondément marqué par une tradition chrétienne et par une culture du vivre-ensemble. Pour nous, cette rencontre a donc une portée à la fois spirituelle et humaine.
Aleteia
Personnellement, en tant que catholique, je vis ce PMI avec beaucoup de plaisir. Ce pèlerinage représente une grande fraternité entre les armées du monde. C’est un temps de recueillement, de ressourcement et de partage, qui permet de dépasser les frontières et les différences pour se retrouver autour d’une même aspiration à la paix.
Le Cameroun traverse aujourd’hui plusieurs défis sécuritaires et sociaux. Dans ce contexte, qu’est-ce qui vous donne de l’espérance pour construire une paix durable ?
Le Cameroun est un pays en construction permanente. On l’appelle souvent “l’Afrique en miniature” en raison de sa diversité culturelle, linguistique et géographique, ainsi que de ses nombreuses richesses. Comme beaucoup d’autres nations dans le monde, nous sommes confrontés à des difficultés sécuritaires et sociales qui ne sont ni uniques ni atypiques.
Le Cameroun se bat avec les autorités en place pour essayer de les résorber. Malgré ces épreuves, notre pays est un pays béni qui a déjà reçu la visite de trois papes : Jean Paul II en 1985 et en 1995 ; Benoît XVI en 2009 ; et dernièrement le pape Léon XIV.
Justement, après les paroles fortes du Pape sur la paix et le dialogue, avez-vous senti naître un nouvel élan dans votre pays ?
Oui, totalement ! Notre pays est épris de paix et de fraternité. La paix est notre motivation principale, c’est ce vers quoi nous tendons, derrière notre chef de l’État et l’ensemble des institutions du pays.
DANIEL BELOUMOU OLOMO | AFP
À Lourdes, nous avons porté dans la prière notre pays et nos familles, en communion avec toutes les autres communautés militaires. Nous espérons qu’elles porteront leurs fruits, non seulement pour le Cameroun, mais aussi pour le monde entier, qui fait aujourd’hui face à de nombreuses menaces et tensions. Plus que jamais, nous devons œuvrer ensemble pour la paix.
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