Revue de presse de mercredi 2 avril 2025
Deux sujets ont retenu l’attention des journaux parus ce mercredi 2 avril à Kinshasa : le décès tragique d’un policier de la circulation qui impliquerait la garde de la Première ministre, et la poursuite des consultations politiques.
« Le décès du policier Kabeya éclabousse la Première ministre », écrit Congo Nouveau dans ses colonnes.
Ce journal indique que le ministre d’État en charge de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba, s’implique dans le dossier du décès de Fiston Kabeya, policier commis à la circulation routière (PCR) dans la commune de Ngaliema à Kinshasa. Le patron de la justice tient à ce que le droit soit dit et la vérité rétablie sur les conditions de la mort de ce policier qui faisait bien son travail. Constant Mutamba donne « injonction à l’Auditeur supérieur de la Gombe d’appréhender, d’engager des poursuites en flagrance contre les auteurs de ces actes barbares », lit-on dans un communiqué, et tient à ce « qu’ils subissent la rigueur de la loi ».
D’après Congo Nouveau, les faits du décès du PCR Fiston Kabeya remontent à mardi 25 mars dernier et se sont déroulés sur l’avenue Mondjiba. Et pour cause : l’escorte de la Première ministre, Judith Suminwa Tuluka, se rendant à la Cité de l’Union africaine (UA), a emprunté la voie en sens inverse, communément appelée « sens unique » par les Kinois. Plusieurs sources recoupées ainsi que des témoignages recueillis par ce trihebdomadaire disent que le policier Fiston Kabeya aurait alors prononcé des paroles telles que : « Allez à l’Est, arrêtez de perturber les gens ici ».
Ces propos méritaient-ils sa mort ? s’interroge ce journal. Et d’y répondre : « Non, estiment plusieurs observateurs qui fustigent l’excès de zèle dans le chef des policiers commis à la sécurité de la Première ministre ».
Cependant, les témoignages recueillis par Forum des AS situent le lieu de la commission des faits à un autre endroit de la ville. « D’autres témoignages recoupés rapportent que l’incident s’est produit sur l’avenue de l’ex-24 novembre. L’agent aurait eu un échange tendu avec les policiers affectés à la garde de la Première ministre, Judith Suminwa, après avoir tenté de réguler la circulation face à un cortège empruntant un sens unique en pleine heure de pointe. Après le passage du cortège, une escorte serait revenue quelques minutes plus tard pour passer à tabac Fiston Kabeya, qui n’a jamais pu se remettre de ses blessures. Grièvement blessé, il aurait été conduit au parquet avant de succomber à ses blessures quelques jours plus tard », écrit ce quotidien.
Pour sa part, EcoNews estime que Suminwa, une réformatrice, est victime d’un complot. En effet, pour ce tabloïd, alors que la RDC prépare un gouvernement d’union nationale, une tempête politique secoue les institutions. Judith Suminwa Tuluka, Première ministre aux réformes audacieuses, est accusée à tort dans l’affaire du décès d’un policier de la PCR. Derrière ces allégations, se cacherait un plan orchestré pour saper son autorité et freiner ses initiatives transformatrices. Il fait savoir qu’une vidéo virale, présentée comme preuve, accuse un membre de sa garde – l’Unité de Protection des Institutions et Hautes Personnalités (UPI-HP) – d’être impliqué dans des actes de torture ayant entraîné la mort du policier. Pourtant, la Première ministre n’était « ni sur les lieux, ni informée des faits », selon des sources institutionnelles.
Poursuite des consultations nationales
Les consultations nationales lancées à Kinshasa, il y a un peu plus d’une semaine, poursuivent sans désemparer leur bonhomme de chemin, note Forum des AS.
« En ce jour de mercredi 2 avril, le Conseiller spécial du Président Félix Tshisekedi, Kolongele Eberande Cachemire, reçoit le sénateur Salomon Idi Kalonda Della », a renseigné mardi 1er avril à Forum des AS, une source ayant des entrées faciles au Palais de la Nation.
Après avoir été consulté par le conseiller spécial du Chef de l’État, le Révérend Moïse Gbema, directeur de cabinet d’André Bokundoa, président de l’ECC, a déclaré à la presse que Félix Tshisekedi est d’ores et déjà disponible pour recevoir le tandem CENCO-ECC, qui doit lui déposer les conclusions des échanges que les évêques et pasteurs avaient engagés à Kinshasa avec les opposants politiques, des rebelles à Goma (Nord-Kivu), mais également avec quelques chefs d’État d’Afrique Centrale et de l’Europe, rapporte Le Quotidien.
Pour sa part, EcoNews qui titre dans ses colonnes : « « Il faut un gouvernement d’ouverture, pas d’union nationale » : Constant Mutamba plaide pour le maintien de Judith Suminwa », fait savoir que le président de la Dynamique progressiste et révolutionnaire de l’opposition (DYPRO), et actuel ministre de la justice, Constant Mutamba, s’est prononcé en faveur d’un gouvernement d’ouverture plutôt que d’un gouvernement d’union nationale. Lors de son entretien, ce mardi 1er avril, avec Eberande Kolongele, conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité, il a insisté sur la nécessité de privilégier la compétence et le patriotisme plutôt qu’un simple partage des postes.
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