Côte d’Ivoire : Mayobo Yves, président du Parti ICON: “ Thiam pourrait faire face à des complications, malgré sa renonciation à la nationalité française”

© Koaci.com – jeudi 27 mars 2025 – 17:25

Le débat autour de l’éligibilité de Tidjane Thiam à l’élection présidentielle de la Côte d’Ivoire suscite un intérêt croissant. Alors que l’ancien Directeur général de Crédit Suisse est considéré comme une figure de proue sur la scène internationale, sa situation juridique en matière de nationalité pose question. 

Mayobo Yves, juriste et président du parti politique « Intégrité et Conscience Nationale » (ICON), a apporté des éclaircissements précieux sur cette question complexe en se basant sur les dispositions du Code de la Nationalité Ivoirienne.

Tout d’abord, il est essentiel de rappeler que, conformément à la Constitution ivoirienne, l’article 55, alinéa 3 de la loi n°2020-348 du 19 mars 2020, un candidat à l’élection présidentielle doit être exclusivement de nationalité ivoirienne. Cette exigence est cruciale pour garantir la loyauté et l’engagement envers la nation ivoirienne, sans conflits d’intérêts liés à des nationalités étrangères.

Mayobo Yves explique que, selon le Code de la Nationalité Ivoirienne de 1961, la question de la double nationalité et de son impact sur l’éligibilité d’un candidat est strictement encadrée. L’article 48 du Code stipule qu’un Ivoirien qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd automatiquement sa nationalité ivoirienne, sauf s’il obtient l’autorisation du gouvernement dans un délai de 15 ans. Ce délai permet à l’individu concerné de régulariser sa situation, mais la perte de la nationalité ivoirienne reste une question clé.

Le cas de Tidjane Thiam a pris une tournure particulière puisque, selon plusieurs sources, l’homme d’affaires aurait acquis la nationalité française avant de renoncer officiellement à celle-ci. Toutefois, la question demeure de savoir si cette renonciation a respecté la procédure légale imposée par le Code de la Nationalité Ivoirienne, notamment le délai de 15 ans pour solliciter l’autorisation du gouvernement.

Mayobo Yves souligne que si Tidjane Thiam a acquis la nationalité française avant de renoncer, et s’il n’a pas effectué les démarches nécessaires pour se conformer à la procédure ivoirienne dans les délais impartis, il pourrait se retrouver dans une situation de double nationalité non régularisée. En d’autres termes, si aucun décret de renonciation n’a été pris en sa faveur, cela pourrait poser un obstacle à son éligibilité.

Le juriste Mayobo Yves ajoute que la situation de Tidjane Thiam doit également être examinée à travers la lentille des autorisations administratives. 

Si Thiam n’a pas formellement sollicité l’autorisation de renoncer à sa nationalité ivoirienne entre 1987 et 2002, il pourrait avoir besoin de régulariser sa situation avant d’envisager toute candidature à la présidence.

« Le respect de la procédure administrative est crucial », insiste Mayobo Yves. « Dans le cas où Tidjane Thiam n’a pas suivi les démarches légales relatives à la nationalité ivoirienne, il pourrait faire face à des complications, malgré sa renonciation à la nationalité française. »

Mayobo Yves appelle les autorités compétentes à clarifier la situation juridique de Tidjane Thiam afin d’éviter toute ambiguïté. 

Selon lui, une vérification approfondie est indispensable pour garantir que les conditions constitutionnelles et légales sont respectées. 

Il estime que l’élargissement du débat sur l’éligibilité des candidats doit se faire dans un cadre juridique précis et sans équivoque, afin de préserver la transparence et la crédibilité du processus électoral.

En conclusion, Mayobo Yves estime que bien que Tidjane Thiam puisse être un candidat intéressant pour l’avenir politique de la Côte d’Ivoire, son éligibilité reste conditionnée par le respect des procédures administratives liées à la nationalité ivoirienne. Si ces démarches n’ont pas été effectuées correctement, il pourrait avoir à résoudre cette question avant d’envisager toute candidature.

Pour le moment, le débat reste ouvert, et il est impératif que les autorités compétentes apportent des réponses claires afin de garantir une élection présidentielle conforme aux exigences constitutionnelles et aux règles du droit ivoirien.

Wassimagnon

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