Les communautés musulmane, catholique, méthodiste et harriste du village de Cocody Anono, dans le district autonome d’Abidjan, ont participé, dimanche 16 mars, à la rupture collective du jeûne à la mosquée d’Anono. Dans une véritable harmonie spirituelle, les guides religieux ont élevé des prières en faveur de la paix en Côte d’Ivoire.
Marcel Ariston Blé – Abidjan (Côte d’Ivoire)
Dans la soirée du dimanche 16 mars, les fidèles musulmans et chrétiens (catholiques, méthodistes et harristes) se sont rassemblés pour la prière de rupture du jeûne à la mosquée d’Anono. Ensemble, ils ont invoqué la consolidation de l’unité au sein de leur village ainsi que la préservation de la paix dans l’ensemble du pays. «Cette rupture s’inscrit dans une dynamique que nous avons initiée depuis plusieurs années, visant à renforcer la cohésion sociale et la paix à Anono, mais aussi à promouvoir ces valeurs afin qu’elles puissent inspirer d’autres communautés en Côte d’Ivoire», a expliqué El Hadj Dramé Moumine, membre du conseil imamal du village.
Une rupture vécue dans la communion fraternelle
Cet événement, désormais érigé en tradition à Anono, témoigne de la coexistence pacifique et de l’entente fraternelle qui unissent les différentes confessions religieuses du village. Aussi, à chaque célébration religieuse, ces guides spirituels offrent un exemple édifiant d’unité et de solidarité, incarnant ainsi un idéal de communion et d’intelligence partagée.
Aussi, El Hadj Dramé Moumine a tenu à souligner que cette initiative ne relevait pas d’une démarche individuelle, mais résultait d’un engagement collectif des différentes confessions religieuses. «Le repas que nous avons partagé est le fruit des contributions de chacun. C’est une rupture collective vécue dans la communion fraternelle», a-t-il ajouté.
Les élections ne doivent pas opposer les religions
À sept mois des échéances électorales nationales, l’imam Dramé Moumine a réaffirmé son engagement à prier pour que ces consultations se déroulent dans un climat apaisé. À ses yeux, cette rupture collective revêt un caractère symbolique fort, adressant à tous les Ivoiriens un message d’unité et de fraternité. «Nous transmettons des orientations aux fidèles afin qu’ils comprennent qu’il n’existe aucune raison de se déchirer ou de se nuire au nom de la politique. Il s’agit d’un jeu démocratique qui ne doit en aucun cas opposer les religions. Nous sommes unis. Nous préparons nos fidèles à être des artisans de paix, à privilégier le vivre-ensemble, car l’essentiel demeure la Côte d’Ivoire et la fraternité qui nous lie», a-t-il insisté.
Être des artisans d’amour, de paix et d’unité
Le thème de cette rencontre interreligieuse, «Quelle attitude du fidèle pour une année électorale apaisée?», a guidé les réflexions et les échanges. Le père Gille César Dogoua Dapéa, curé de la paroisse Saint François-Xavier d’Anono et secrétaire exécutif national pour l’œcuménisme, de l’apostolat biblique et du dialogue interreligieux, a salué cette initiative qui contribue à renforcer les liens de fraternité et d’amitié entre les différentes confessions. «Aujourd’hui, nous estimons qu’il est primordial de mettre en avant ce qui nous unit plutôt que ce qui nous divise», a-t-il affirmé.
L’ecclésiastique a déploré les tensions récurrentes qui surgissent à l’approche des élections, transformant souvent d’anciens amis ou frères en adversaires politiques. «Nous devons prendre de la hauteur face à ces enjeux et c’est précisément cette leçon que nous voulons transmettre: mettre en lumière l’amour, l’entente, la vérité et l’union parfaite», a-t-il exhorté.
Alors que le jeûne musulman et le carême chrétien coïncident cette année, le père Dapéa a exprimé le vœu que ces périodes de recueillement et de prière inspirent les fidèles, en particulier les jeunes, afin qu’ils portent haut le flambeau de la paix et de l’unité en Côte d’Ivoire. «Nous prions pour que ces valeurs imprègnent le cœur de chacun, afin que notre pays puisse emprunter avec sérénité le chemin du développement et du bien-être collectif», a-t-il conclu.
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