Crise diplomatique : le général soudanais Yasser Al-Atta menace l’Émirats, la Tchad et le Soudan du Sud
Escalade verbale entre Khartoum et Abou Dhabi
Dans un discours aux accents belliqueux, le général Yasser Al-Atta, assistant du commandant en chef de l’armée soudanaise, a directement menacé les Émirats arabes unis, accusant Abou Dhabi de soutenir activement les Forces de soutien rapide (FSR) dirigées par le général dissident Mohamed Hamdan Dagalo, alias Hemedti. Selon Al-Atta, les Émirats utiliseraient leurs relais régionaux en Afrique, notamment le Tchad, l’Ouganda et la République centrafricaine, pour acheminer armes, munitions et soutien logistique aux FSR, dans le cadre du conflit en cours au Soudan.
Le général soudanais est allé jusqu’à qualifier les Émirats de “mafia“, affirmant que l’armée soudanaise “fera payer le prix à ceux qui soutiennent la destruction du Soudan”. Ces propos surviennent alors que les relations diplomatiques entre Khartoum et Abou Dhabi connaissent une forte dégradation.
Menaces militaires contre des aéroports tchadiens
Yasser Al-Atta ne s’est pas arrêté là. Il a ouvertement menacé le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, affirmant que le soutien présumé du Tchad aux FSR ne resterait pas impuni. Il a désigné les aéroports d’N’Djamena et de Um Jaras, situés dans l’est du Tchad, comme des “cibles militaires légitimes” pour les forces armées soudanaises.
Ces propos pourraient représenter un tournant dangereux dans une guerre qui a déjà coûté la vie à plus de 13 000 personnes et déplacé plus de 7 millions depuis son déclenchement en avril 2023.
Le Soudan du Sud également visé
Dans le même discours, le général Al-Atta a également mis en garde le Soudan du Sud, l’accusant d’héberger des éléments hostiles au régime soudanais. Il a averti que les “centres de pouvoir” de Juba pourraient aussi devenir des cibles dans le cadre d’une opération de représailles.
Ces menaces interviennent alors que le Soudan du Sud tente depuis plusieurs mois de jouer un rôle de médiateur discret entre les belligérants soudanais.
Réactions internationales et tensions internes
Les déclarations d’Al-Atta ont rapidement suscité l’indignation dans plusieurs capitales africaines et arabes. Selon des sources diplomatiques, l’Élysée et Washington ont exprimé leur “vive préoccupation” face à l’escalade verbale, qui pourrait torpiller les efforts régionaux de médiation.
À l’intérieur même de l’appareil militaire soudanais, ces propos divisent. Plusieurs hauts gradés auraient exprimé leur malaise face au ton adopté par Al-Atta, jugeant ces menaces contreproductives au moment où le Soudan cherche à éviter un isolement international plus marqué.
Un conflit qui s’internationalise de plus en plus
Le conflit opposant l’armée régulière aux FSR, qui dure depuis près d’un an, tend désormais à s’internationaliser, avec l’implication indirecte de plusieurs puissances régionales. Les Émirats arabes unis, bien que niant tout soutien militaire, sont régulièrement accusés par Khartoum de financer les FSR à travers des canaux non officiels.
Cette crise pourrait avoir des conséquences dramatiques sur l’équilibre géopolitique du Sahel et de la Corne de l’Afrique, déjà fragilisé par d’autres foyers de tension. Dans ce contexte explosif, la communauté internationale appelle à la retenue et à une reprise urgente des négociations entre les parties soudanaises.
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