Sur le site de l’ancienne colonie Tombos (actuel Soudan), située le long de la vallée du Nil, de nouvelles fouilles ont percé à jour l’un des secrets des pyramides. Ces extraordinaires monuments antiques et mortuaires n’étaient pas exclusivement réservés aux élites de l’Égypte et du Soudan, où le royaume de Koush s’étendait à la région de Nubie, zone de cette découverte. Un article du site Live Science, publié lundi 24 mars, annonce qu’une équipe d’archéologues a trouvé des preuves que ces sépultures accueillaient également des individus de rang inférieur, comme du « personnel de grande valeur« , remettant en question la vision traditionnelle de ces édifices.
« Nos résultats suggèrent que les tombes pyramidales, autrefois considérées comme le lieu de repos final de l’élite, pouvaient également abriter des serviteurs exerçant des travaux intensifs et des membres des classes inférieures« , notent les chercheurs dans leurs conclusions au Journal of Anthropological Archaeology.
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Des corps marqués par les activités physiques
L’étude a porté sur l’examen d’environ 110 squelettes, dont l’analyse minutieuse des zones d’attache musculaire et ligamentaire a relevé des modifications enthésiques spécifiques. L’état de ces tissus jonctionnels reliés aux os, témoins de l’intensité des activités physiques, permet de différencier ceux qui exerçaient des travaux manuels des individus menant une vie plus sédentaire, administrative et privilégiée.
« Lorsque le corps est utilisé plus fréquemment et plus intensivement, les muscles et les ligaments ont besoin d’un mode d’attache plus solide. Cela peut entraîner l’apparition de crêtes et d’arêtes distinctes sur l’os au niveau du point d’attache« , expliquent les auteurs du rapport après avoir constaté leur présence sur plusieurs squelettes. Ces révélations démontrent ainsi que « les différentes classes n’étaient pas séparées« , du moins obligatoirement, lors de leur inhumation dans ces monuments.
« Bénéficier du prestige » de l’élite
« Nous ne pouvons plus supposer que les individus inhumés dans de fastueuses tombes pyramidales appartiennent systématiquement à l’élite« , continuent les archéologues, invitant à une relecture des hiérarchies sociales de l’Antiquité.
Deux des co-auteurs, Sarah Schrader et Stuart Tyson Smith, avancent diverses hypothèses pour expliquer cette mixité des sépultures. La première suggère que cette pratique visait à « renforcer l’ordre hiérarchique » en associant symboliquement non-élites et élites, tandis que le second estime que les individus de moindre statut espéraient « bénéficier du prestige, des protections magiques et du culte funéraire » conférés par la proximité des tombeaux des puissants, qui étaient souvent leurs employeurs.
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