Il est difficile d’établir un bilan suite aux explosions qui ont marqué le meeting du M23 à Bukavu, la capitale du Sud-Kivu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
Les sources humanitaires que la DW a contactées sur place expliquent que les blessés sont pris en charge à l’hôpital général de Bukavu.
« C’était atroce »
Nous avons pu discuter avec un jeune homme qui était présent au meeting sur la place de l’Indépendance et qui a requis l’anonymat :
« C’était atroce. J’ai dû transporter des corps, au moins six ou sept.
Peu après la fin du meeting et le départ de Corneille Nangaa, nous avons entendu une première détonation. Les militaires nous ont demandé de ne pas paniquer pour éviter les mouvements de foule et de nous faire piétiner.
Ensuite, nous avons entendu une autre détonation. J’ai vu des corps gisant à terre devant la tribune. Il y a eu plusieurs morts et les blessés ont été transportés à l’hôpital général à moto, dans des véhicules de particuliers ou encore ceux de la DGM (Direction générale des migrations). »
Samy Takimbula, vice-président de la société civile du Sud-Kivu, a lui aussi assisté au meeting et déplore les morts: « Après le meeting, il y a eu la première grenade, on ne savait pas d’où ça venait, tout le monde s’est mis à courir et à fuir par-ci par-là, c’était des civils. »
Vive émotion
Le président congolais Félix Tshisekedi a condamné ses actes qu’il a qualifiés de « terroristes » perpétrés par « une armée étrangère présente illégalement sur le sol congolais ». Félix Tshisekedi a présenté ses condoléances auxfamilles endeuillées.
A Bukavu, la prise en charge des blessés est assurée à l’hôpital général provincial.
Adolphe Nyakasane est pédiatre à Bukavu, il dépeint la situation : « Les blessés ont été conduits principalement à l’hôpital provincial et dans quelques autres structures médicales autour de la place de l’Indépendance. Les équipes médicales sont à pied d’œuvre pour soigner les blessés.
Ce sont des blessures par armes à feu, il faut un certain nombre de matériel, de consommables médicaux en salle d’urgence, en chirurgie et en salle d’opération. Un appel urgent aux dons de sang a été lancé car certains blessés auront besoin de transfusions sanguines. »
Le groupe rebelle M23, soutenu par le Rwanda, s’est emparé de la ville de Bukavu, chef- lieu du sud Kivu depuis le 16 février.
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