Dominique de Villepin fait une entrée fracassante en tête du classement des personnalités politiques

L’ex-Premier ministre, qui se veut le porte-voix des pays arabes dans le conflit entre Israël et le Hamas, se classe en tête des personnalités politiques préférées des Français. De quoi lui donner des idées pour 2027. Mais à droite, pas grand-monde n’oublie le fiasco de sa tentative en 2011.

Une entrée qui n’est pas passée inaperçue. Absent du classement des personnalités politiques préférées des Français depuis des années, Dominique de Villepin y fait son grand retour.

L’ex-Premier ministre de Jacques Chirac récolte 53% d’opinion favorables dans le dernier baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud radio diffusé ce 25 février, au coude-à-coude avec Édouard Philippe.

Villepin veut « accompagner » un « sursaut » politique

Ces chiffres pourraient-ils le pousser à réfléchir à devenir candidat à la présidentielle de 2027, presque 17 ans après son départ de Matignon et son retrait de la vie politique?

« Nous avons besoin d’un réveil et d’un sursaut. Moi, je suis ici pour accompagner ce réveil, partager une expérience, des convictions », a cependant botté en touche l’ancien diplomate sur BFMTV ce dimanche.

Dans un entretien à Médiapart en janvier dernier, Dominique de Villepin a pourtant laissé transparaître ses ambitions. Interrogé sur une éventuelle candidature, celui qui est devenu un temps avocat d’affaires après son départ de Matignon a dit refuser de « ne pas être aux avant-postes » pour mener « le combat ».

Toutefois, « l’enjeu n’est pas de savoir si à la fin vous êtes candidat à une élection », a-t-il temporisé immédiatement.

Auréolé de sa position contre la guerre en Irak

Depuis des mois, l’ancien locataire de Matignon capitalise sur son retour en grâce. Se positionnant comme le défenseur d’une ligne d’équilibre sur le conflit entre Israël et le Hamas, souvent porte-voix de la position des pays arabes, l’ex-patron de la diplomatie française peut même se targuer de soutiens étonnants pour un homme qui a fait toute sa carrière à droite.

Il a ainsi été largement salué par Manuel Bompard, le patron de La France insoumise, qui a, à plusieurs reprises, jugée « utile » « la parole » de Dominique de Villepin.

Il faut dire que depuis son discours devant les Nations unies en 2003 contre une intervention militaire en Irak, Dominique de Villepin, qui a toujours assuré défendre une vision gaulliste de la relation entre la France et le Moyen-Orient, est regardé avec bienveillance par la gauche dans son entièreté.

Le désastre du CPE

L’ancien Premier ministre n’a pourtant pas laissé que des bons souvenirs, en particulier aux socialistes. En 2006, alors chef du gouvernement, Dominique de Villepin décide de lancer le CPE, le contrat première embauche, pour lutter contre le chômage de masse des jeunes.

Très vite, cet outil, réservé aux moins de 26 ans et qui permet une période d’essai de deux ans au lieu de huit mois maximum, met les salariés et la gauche dans la rue, avant que la jeunesse ne se mette à battre le pavé. Face à l’une des plus grandes manifestations des dernières décennies, Jacques Chirac, lâché par ses propres troupes qui ont refusé de soutenir le texte à l’Assemblée nationale en en dépit du recours à un 49.3, finit par reculer.

La séquence est désastreuse pour toute la droite à un an de la présidentielle et particulièrement pour Dominique de Villepin, qui visait alors l’Élysée sur fond de rivalité interne avec le ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy.

Vilipendé par Retailleau

Le haut-fonctionnaire quitte alors définitivement la vie politique après son départ de Matignon et doit affronter à plusieurs reprises des affaires judiciaires. Dossier Clearstream, surfacturation pour l’entreprise Relais et châteaux, accusation d’avoir reçu, avec Jacques Chirac, de l’argent de dictateurs africains… L’ex-Premier ministre n’a cependant jamais été condamné et son étoile n’a pas pâli à gauche ni dans le monde arabe, dans lequel il multiplie les conférences.

À droite, l’atmosphère est toute différente. Après que Dominique de Villepin a critiqué Bruno Retailleau sur une « surenchère » et « une forme d’amateurisme » dans ses propos sur l’Algérie sur BFMTV dimanche, le ministre de l’Intérieur lui a vertement répondu.

« Je m’en fiche comme de ma première chemise », a tancé le locataire de la place Beauvau en marge du Salon de l’agriculture lundi.

C’est que l’ex-Premier ministre pourrait gêner les ambitions qui se bousculent chez les LR pour la présidentielle de 2027. Mais dans son ancienne famille politique, pas grand-monde n’a oublié que Dominique de Villepin avait annoncé sa candidature à la présidentielle en 2011 avant de renoncer, faute de récolter les 500 parrainages nécessaires.

Sans appareil politique derrière lui, en rupture de ban avec son ancienne famille politique, le septuagénaire pourrait-il vraiment se lancer dans la course à l’Élysée? Pour l’instant, il semble jouer la stratégie des petits pas. Pour montrer son envie, Dominique de Villepin a lancé sa newsletter la semaine dernière.

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