Les promesses non tenues du général Mamadi Doumbouya, par le passé, d’organiser des élections pour un retour rapide de la Guinée à un régime democratique, amènent des acteurs politiques à douter désormais de tout, même du déterminant référendum fixé par le chef de la transition pour le 21 septembre prochain.
Mamadou Maladho Bah est le secrétaire aux affaires juridiques et contentieux électoral du parti MODEL, dont le président Aliou Bah est détenu en prison depuis plusieurs mois. Il pense que la date prévue par Doumbouya est intenable :
‘’La date ne peut pas être tenable parce que les préalables ne sont pas respectés, parce que qu’on va arriver à un moment ou ça sera l’hivernage et c’est d’ailleurs un motif pour eux de reporter, une manière aussi de s’éterniser au pouvoir.‘’
Scrutin chronophage
Abdoulaye Kourouma est le leader du parti le Rassemblement pour la Renaissance et le Développement. Il voudrait quant à lui, bien accorder le bénéfice du doute au président de la transition. Inquiétude, le temps nécessaire à la préparation du vote pourrait faire défaut, soutient t-il.
« Ne serait-ce que le recensement, le délai réel, il faut trois mois. Il faut encore faire l’affichage. Il faut corriger, il faut faire l’impression des cartes d’électeurs. Il faut distribuer tout ça, c’est du temps. Donc pour moi, le préalable doit être un dialogue pour se mettre d’accord et pour trouver des consensus. Juste pour ne pas qu’on retombe dans les revendications de fichiers des résultats de ceci ou de cela”.
Contrairement à nos deux premiers interlocuteurs, Hamidou Barry du parti Citoyen pour la défense des intérêts collectifs lui, croit à la bonne fois de Mamadi Doumbouya :
« Aujourd’hui si malgré tout une date nous est promise pour le 21 septembre 2025. Je pense que cela est tout à fait une bonne nouvelle pour nous. Une fois que la date est fixée, elle n’est plus loin. Chaque jour qui passe, c’est un jour de moins. Dans quelques deux, trois quatre cinq mois ou au sixième mois. nous pourrons arriver à cette date pour voir comment est-ce que nous allons et organiser ces élections pour que les électeurs soient convoqués. »
Première étape
Initié en novembre 2024, le recensement administratif à vocation d’Etat Civil (RAVEC) censé permettre d’établir un fichier électoral à jour est suspendu depuis plus d’un mois. Et ce 1er avril 2025, les kits pour le recensement des électeurs ont été réceptionnés par le ministre de l’Administration et de la Décentralisation à l’aéroport de Conakry.
Et pour Amadou Oury Bah, le premier ministre guinéen, « l’arrivée des kits d’enrôlement biométrique marque le véritable démarrage sur le terrain ».
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