Une étude est en cours en Guadeloupe pour comprendre et mieux contrer le moustique vecteur de la dengue.
L’institut Pasteur, en collaboration avec plusieurs chercheurs universitaires, travaille actuellement sur un projet qui vise à séquencer le génome complet du moustique Aedes aegypti.
Il s’agit de tenter de comprendre leur ADN, avec pour objectif de pouvoir ensuite lutter contre leur schéma de transmission du virus de la dengue.
« Pour contrôler ces moustiques »
Les explications d’Anubis Vega-Rua, responsable du laboratoire des maladies vectorielles à l’institut Pasteur de Guadeloupe :
Pour combattre son ennemi, il faut le connaître. Et donc l’objectif, c’est de savoir quels sont les gènes responsables de tous ces traits de caractère qui nous posent problème aujourd’hui pour contrôler ces moustiques. Donc en agissant sur les gènes, on pourra comprendre et peut être stopper ces schémas de transmission qui sont à l’origine aujourd’hui des épidémies.
Anubis Vega-Rua explique que le projet a débuté il y a un an :
Nous sommes partis sur le terrain pour récolter des moustiques de différents endroits de la Guadeloupe. Et cette semaine, je suis très contente parce que nous sommes en train de séquencer le premier génome et donc pour l’instant, je croise les doigts. Mais le séquençage se passe très bien. Donc à la fin de la semaine, nous aurons le premier génome complet d’un moustique Aedes aegypti de Guadeloupe.
Comprendre comment le génome s’adapte
L’un des enjeux est de comprendre d’où vient la capacité des moustiques à constamment s’adapter et à développer notamment une résistance face aux insecticides.
Les explications d’Anna-Sophie Fiston-Lavier, professeure des universités en charge du projet :
En fait, l’ADN, il faut le considérer comme un code. Chaque personne, chaque être vivant à un code. Et si on arrive à le décoder, on va pouvoir du coup le comparer entre les différents individus. Cet ADN explique aussi qui nous sommes et donc les différences. Et donc si on le décode, on va pouvoir aussi mieux comprendre le génome d’Aedes et donc mieux comprendre comment ce génome s’adapte.
L’objectif, explique Anna-Sophie Fiston-Lavier, n’est pas d’éradiquer l’Aedes aegypti :
On se fait piquer par les moustiques femelles, mais les moustiques mâles participent à la pollinisation, donc on ne veut pas les éradiquer. Par contre, ce qui serait pertinent, ce serait de contrôler les populations de moustiques qui sont vecteurs de la dengue ou d’autres maladies qui touchent effectivement plusieurs de nos îles en ce moment.
Des résultat qui pourraient service de référence pour les scientifiques à l’échelle mondiale, car c’est la première étude de ce type sur le moustique de Guadeloupe.
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