EN IMAGES. Sainte-Anne : des paillotes en bord de mer et un restaurant démolis, sur les 50 pas géométriques

Mauvaise surprise pour les gérants de deux restaurants de la commune du Sainte-Anne : un important dispositif de gendarmerie a été déployé sur les sites de leurs établissements, pour procéder à leur démolition partielle ou totale. Les militaires étaient accompagnés d’un huissier de justice et d’un représentant de l’Agence des 50 pas géométriques, à l’origine de cette procédure.

Deux paillotes sans emprise au sol détruites

Seules deux des trois paillotes de l’hôtel-bar-restaurant Le Nil, installées sur la plage, ont été détruites (voir photo ci-dessus). Ces structures, faites de bambou, siégeaient sur l’espace public. L’opération fait suite à une décision de justice, dont le propriétaire affirme ne pas avoir été informé. Ce dernier espérait, en vain, obtenir une Autorisation d’occupation temporaire (AOT). Il travaille sur place depuis 7 ans.

« On n’a jamais reçu un papier, rien du tout. Ils sont arrivés à 6h00 du matin. Ils me disent, on détruit. Sans rien nous demander, sans rien nous dire. On a appelé notre avocat, on a fait appel de la décision, on attendait l’appel (…). Ils veulent en plus nous barricader, mettre un grillage devant-là ! Alors, il faut mettre un grillage sur toute la plage ! »

Andy, gérant de l’hôtel-bar-restaurant Le Nil

« Beaucoup de regrets, puisqu’on est là tous les jours, on fait travailler des équipes, pour nos clients (…). On n’a pas de mots. On a racheté ici comme c’était, en l’état, on n’a juste posé des tables et des carbets, avec des parasols… ce qu’on enlève. Vous voyez, il n’y a rien au sol, pas de ciment… on est restés vraiment dans la loi et dans le respect de la nature. »

Fanny, gérante de l’hôtel-bar-restaurant Le Nil

Le gérant, qui précise avoir « des Guadeloupéens qui travaillent pour nous« , a fermé le restaurant, au moins pour aujourd’hui.

Il dénonce le fait qu’un chemin entre la plage et l’arrière de l’établissement, dont il demandait la création de longue date, ait été concrétisé ce mardi matin (9 juin 2026), juste pour le passage des engins de démolition. Cet accès ne survivra pas à l’opération du jour.

Démolition d’un restaurant érigé sans autorisation

Non loin de là, toujours face à l’eau turquoise de la plage du bourg, mais cette fois sur le boulevard Hégésippe Ibéné, un restaurant niché entre deux bâtiments a été entièrement détruit.

Il a, lui aussi, fait l’objet d’une décision de justice, car construit de manière irrégulière sur le domaine public.

Cette opération s’est déroulée sans heurts, en présence des forces de l’ordre, qui ont quadrillé le secteur.

« On est sur Sainte-Anne, pour avoir un accompagnement d’une future politique publique, face au recul du trait de côte, une problématique importante. Donc, il faut effectivement respecter le domaine public, pour permettre la mise en place d’un certain nombre de politiques publiques. Le point de départ de tout ça, c’est que le domaine public doit être respecté. Nos agences sont fondées à mettre en œuvre cette mission. »

Rony Saint-Charles, directeur de l’Agence des 50 pas géométriques

Cette double démolition marque une étape significative dans la gestion des risques naturels, une question qui inclue la protection de l’environnement et des populations.

Avant de demander un jugement, puis de le faire appliquer, l’Agence des 50 pas géométriques privilégie toujours les phases amiables, selon son directeur.

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