Terre de refuge par excellence pour les Haïtiens, la Floride est l’État américain qui accueille le plus de réfugiés ayant fui les violences en Haïti. Début 2023, l’administration Biden a facilité leur entrée aux États-Unis avec le « Programme Parole » qui permet à 30 000 migrants d’Haïti, mais aussi trois autres pays, d’arriver chaque mois aux États-Unis. Mais depuis l’explosion des violences fin février, les arrivées ont considérablement diminué. Il est devenu trop difficile de rejoindre Miami.
De notre correspondant à Miami,
Paul Christian Namphy est un pilier de la communauté haïtienne de Miami. Directeur de l’ONG Family Action Network Movement, il voit défiler dans son centre d’accueil la plupart de ces familles qui débarquent en Floride après un voyage éprouvant pour fuir les violences en Haïti.
Cent mille sont arrivés légalement en 2023, mais depuis la chute du gouvernement d’Ariel Henry fin février, très peu sont parvenus jusqu’ici. « De plus en plus de gens cherchent à sauver leur vie, mais la possibilité de quitter Port-au-Prince [depuis] les neuf dernières semaines, c’est très compliqué. »
Redoubler d’imagination pour rejoindre Miami
En Haïti, les routes impraticables, les transports quasiment à l’arrêt et les gangs font régner la terreur. Rejoindre Miami en vol direct depuis Port-au-Prince est quasi impossible. Alors, il faut redoubler d’imagination.
« On a des membres influents de la communauté qui ont dû prendre un hélicoptère et payer plus de 1 000 dollars pour quitter Cap-Haïtien pour atterrir à Miami à cause de la carence des vols. Donc, c’est très difficile de faire le trajet de Port-au-Prince à Miami en ce moment. Il y en a d’autres qui ont quitté Port-au-Prince et dû trouver refuge à Saint-Domingue, qui ont dû payer des pots-de-vin énormes pour essayer d’arriver en République dominicaine sains et saufs depuis Haïti et qui cherchent à venir ici [à Miami], mais comme vous le savez, c’est compliqué. »
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Une intégration dans la communauté qui n’est pas si simple
Les rares Haïtiens qui parviennent à rejoindre les États-Unis aujourd’hui sont essentiellement ceux qui en ont les moyens. Une fois sur place, il faut s’insérer dans la communauté et trouver du travail. Pas si simple, selon Paul Christian Namphy.
« Si vous avez des moyens limités, c’est très difficile de participer, il faut des moyens considérables. Le problème le plus souvent, c’est le retard pour avoir une autorisation pour travailler, cela peut prendre 18 mois. Donc, la famille d’accueil doit attendre 2 ans, 3 ans… Cela crée des tensions parce que la personne ne peut pas travailler légalement. Ce qu’on voit souvent, c’est qu’il y a des opportunités en dehors de la Floride pour se débrouiller. »
Il y a quelques semaines, Paul Christian Namphy était à Washington pour rencontrer des conseillers de Joe Biden. Il demande au président de renouveler le statut spécial accordé aux Haïtiens qui doit expirer en août.
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