L’infrarouge compte une foule d’applications, des voitures autonomes au tri du plastique recyclable. La technologie reste toutefois dispendieuse. C’est le problème auquel veut s’attaquer Wáhta Photonics Technology, une jeune pousse montréalaise, en mettant au point des capteurs à base de silicium.
La lumière infrarouge est invisible à l’œil humain, mais comporte des caractéristiques particulières qui en font un outil utile pour diverses applications, explique Anthony Nomezine, cofondateur et PDG de Wáhta Photonics Technology. C’est par exemple une lumière qui traverse certains éléments ou matériaux qui bloquent la lumière visible, comme la neige, le brouillard et l’eau.
Cette propriété la rend donc particulièrement intéressante dans des applications comme la surveillance, mais aussi la navigation et les systèmes de guidage pour les véhicules. Elle peut aussi être utilisée dans l’analyse des sols agricoles et l’évaluation de la qualité des aliments.
« Le gros problème de cette technologie, actuellement, c’est son coût », note Anthony Nomezine. Les systèmes de guidage pour les automobiles, par exemple, se servent généralement de caméras conventionnelles qui utilisent la lumière visible, puisque celles-ci sont plus abordables.
« Aucune entreprise ne voudra installer un système de caméras infrarouges à 50 000 $ dans une voiture à 50 000 $. »
Wáhta Photonics Technology espère que la technologie qu’elle développe saura apporter une solution à ce problème. Alors que les capteurs infrarouges actuels sont formés à partir d’alliages de différents matériaux, l’entreprise développe un capteur construit sur la base d’un substrat en silicium, un élément fondamental dans la composition de nombreux dispositifs électroniques.
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PHOTO CHARLES WILLIAM PELLETIER, COLLABORATION SPÉCIALE
Anthony Nomezine, cofondateur et PDG de Wáhta Photonics Technology
Le capteur qu’on développe promet des performances semblables à celles des technologies actuelles, mais à un coût de 10 à 100 fois inférieur.
Anthony Nomezine, cofondateur et PDG de Wáhta Photonics Technology
Un prototype d’ici deux ans
Wáhta Photonics Technology a encore du pain sur la planche avant d’en arriver à l’étape de la commercialisation. Pour le moment, la jeune pousse concentre ses efforts sur l’avancement de sa technologie. Elle focalise également ses énergies sur le développement de collaborations et de partenariats avec des industriels.
« On discute avec des fabricants de caméras, de dispositifs, pour mettre sur pied un premier prototype complet d’un produit final d’ici deux ans », dit le PDG. Pour l’instant, il reste ouvert à toutes les applications et les industries.
Fondée il y a deux ans, l’entreprise est issue d’une collaboration entre Anthony Nomezine, doctorant en génie physique, et son directeur de recherche, Oussama Moutanabbir, professeur titulaire en génie physique à Polytechnique Montréal.
Wáhta Photonics Technology a notamment été soutenue par Propolys, un programme d’accompagnement pour les jeunes entreprises en phase de précommercialisation.
« Dans mon cas, ç’a été très utile pour passer d’un projet abstrait aux détails concrets, dit Anthony Nomezine. Ils m’ont aidé à élaborer mon modèle d’affaires et mon montage financier. »
Après avoir participé à la première phase du programme, qui a eu lieu entre le printemps et l’automne 2024, l’entreprise participe maintenant à la deuxième phase de celui-ci.
« On a accès notamment à des experts comme des avocats, des spécialistes en études de marché et des gens de marketing », dit le PDG.
De quoi faire progresser la jeune pousse à la vitesse de… l’infrarouge.
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