Le 14 mars 2025, un arrêté préfectoral a ordonné la fermeture de l’école « Génie en Herbe » à Petit-Bourg, en Guadeloupe, provoquant une onde de choc dans la communauté locale. Cette décision, prise sans préavis ni solution de remplacement, a des conséquences dramatiques pour les 61 élèves qui fréquentaient l’établissement, souvent en difficulté dans le système scolaire traditionnel.
Une décision rapide et sans appel
L’école « Génie en Herbe » était perçue par de nombreuses familles comme un havre de secours pour des enfants aux besoins éducatifs spécifiques, souvent laissés pour compte dans d’autres établissements. La fermeture immédiate de cette école, sans mise en place d’alternatives concrètes, plonge ces élèves dans l’incertitude. D’un coup, 61 enfants se retrouvent sans structure d’accueil, et leurs parents sont contraints de chercher des solutions dans un système déjà en tension.
Un soutien insuffisant face à la situation
Si les autorités de l’Éducation nationale évoquent la possibilité de réaffecter ces élèves dans d’autres établissements, la réalité semble plus complexe. Nombreux sont les observateurs à souligner que les écoles publiques locales sont déjà sous pression, avec des effectifs surchargés et un manque de ressources pour répondre aux besoins spécifiques de ces enfants. Cette situation laisse entrevoir un avenir incertain pour ceux qui étaient scolarisés à « Génie en Herbe ».
Les raisons de la fermeture : un prétexte administratif ?
Les autorités justifient cette fermeture par des dysfonctionnements administratifs et des irrégularités signalées au sein de l’établissement. Toutefois, de nombreux critiques estiment que ces raisons ne sont qu’un prétexte pour une décision radicale et brutale. Selon plusieurs sources proches de l’établissement, au lieu d’accompagner l’école dans la résolution des problèmes soulevés, la préfectorale a choisi de fermer l’établissement sans chercher à trouver des solutions pour maintenir les élèves dans un cadre adapté.
La réaction de la direction et des parents : un sentiment de trahison
La directrice de l’école, Mylène Lamie, a exprimé son désarroi face à cette fermeture soudaine, précisant qu’elle n’avait pas été informée au préalable. Ses efforts constants pour offrir un environnement propice à l’épanouissement des enfants sont désormais réduits à néant. De leur côté, les parents des élèves se sentent abandonnés par les autorités, et certains envisagent de ne pas scolariser leurs enfants ailleurs, faute de solutions adéquates.
Des mesures de soutien insuffisantes
Le maire de Petit-Bourg, David Nébor, a proposé une rencontre entre les parties concernées pour tenter de désamorcer la crise. Cependant, face à la gravité de la situation, de nombreux parents et militants estiment que ce type de dialogue ne suffira pas à réparer le préjudice causé à ces enfants, qui se retrouvent privés d’une éducation adaptée à leurs besoins.
Un débat sur l’avenir de l’éducation en Guadeloupe
La fermeture de l’école « Génie en Herbe » soulève une question plus large sur les défis auxquels l’éducation en Guadeloupe est confrontée. Les autorités locales et nationales sont appelées à prendre des mesures concrètes pour garantir que chaque enfant ait accès à une éducation de qualité, adaptée à ses besoins spécifiques. Les récents événements ont mis en lumière un fossé entre la réalité vécue par les familles guadeloupéennes et les décisions prises par l’administration centrale, déconnectée des réalités locales.
Face à cette situation, les parents, la direction de l’école, ainsi que les associations locales ont annoncé leur intention de saisir la justice pour contester cette décision. Ils appellent à une prise de conscience collective sur la nécessité de réformes pour une meilleure prise en charge des enfants en difficulté en Guadeloupe. La situation soulève des questions cruciales sur la responsabilité de l’État dans l’accompagnement des élèves aux profils particuliers et sur le respect de l’engagement éducatif envers tous les enfants, peu importe leur situation.
En attendant une solution, le combat pour la réouverture de « Génie en Herbe » continue, soutenu par une population inquiète et déterminée à ne pas voir l’avenir de ses enfants sacrifié par une administration trop lointaine des réalités de terrain.
Damien Maillard
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