La récente diminution du budget du ministère du Tourisme ne devrait pas affecter son fonctionnement ni nuire à l’industrie, soutient sa ministre, Isabelle Thériault.
De passage à Campbellton mardi dans le cadre du Forum touristique du Restigouche, Isabelle Thériault a voulu se faire rassurante auprès des opérateurs présents quant à la récente compression budgétaire annoncée pour son ministère. Celui-ci devra composer avec environ 900 000$ en moins.
Selon la ministre du Tourisme, du Patrimoine et de la Culture, la compression annoncée ne devrait pas se traduire par une baisse au niveau des investissements. Elle serait plutôt épongée naturellement par une meilleure gestion des ressources.
«Nous avons certaines compressions dans le budget, mais ce ne sont pas nécessairement des coupures. Nous cherchons plutôt à optimiser l’utilisation des fonds en les redistribuant de manière plus efficace», explique-t-elle.
En fait, celle-ci soutient que le ministère entreprendra un exercice rigoureux d’analyse des programmes existants afin de déterminer ceux qui sont les plus efficaces.
«On vérifie l’état des lieux, ce qui s’est passé durant les six dernières années, quelles sont les bonnes et moins bonnes initiatives. Nous nous donnons une année pour revoir l’ensemble des initiatives et ajuster nos stratégies en conséquence. L’objectif c’est d’essayer de gérer de façon efficace tout en minimisant les impacts sur l’industrie», précise-t-elle.
En somme, on pourrait ainsi voir certains programmes ou initiatives ayant peu de retombées être abandonnés.
Selon Mme Thériault, il ne faut toutefois pas voir dans ce geste un désaveu de son gouvernement envers l’industrie touristique, une industrie qui génère 2,5 milliards annuellement tout en créant près de 40 000 emplois.
«L’industrie touristique est extrêmement importante pour notre gouvernement et ce que l’on vit avec la guerre commerciale des États-Unis, c’est une situation difficile qui affecte tous nos ministères. C’est sûr qu’on est forcés de réfléchir à des façons de faire. Peut-être qu’on doit être plus créatif, qu’on doit trouver de nouvelles façons de faire des choses.»
Promotion
Conseillère principale de l’Association de l’industrie du tourisme du Nouveau-Brunswick, Joanne Bérubé-Gagné aurait préféré que l’argent coupé par le gouvernement Holt demeure dans les coffres du ministère. Encore aujourd’hui, elle ne sait pas où sera puisé l’argent, qui écopera. Mais une chose est sûre, elle croit qu’il ne faut surtout pas sabrer la promotion touristique.
«La province vient de lancer une grande consultation en vue de moderniser sa stratégie touristique. Je pense que l’effort pour réaligner les choses est là, et c’est bien. Mais il reste que c’est un mauvais temps pour faire une coupure dans un secteur qui génère énormément de revenus et qui contribue à maintenir des milliers d’emplois», affirme-t-elle.
Celle-ci va même jusqu’à demander à la province de reconsidérer sa position et de réinjecter les fonds (et même davantage) dans le marketing vers le Québec et l’Ontario, mais aussi certains États voisins des É.-U., comme le Maine et le New Hampshire.
«On trouve qu’il y a des opportunités qui se présentent à nous avec les tarifs américains et les gens qui annulent leur voyage aux États-Unis. On pense qu’on peut attirer ces gens-là vers le Nouveau-Brunswick. Il faut voir cela comme investissement et non pas une dépense additionnelle, car ça apporte des revenus à la province», dit-elle.
De son côté, la ministre Thériault affirme que malgré la compression annoncée, la promotion touristique ne sera pas mise de côté pour cet été. Elle cite notamment des investissements de 2,5 millions $ qui seront déployés au Québec, de trois millions en Ontario, et plusieurs centaines de milliers de dollars pour des campagnes ailleurs au Canada.
«Pendant un mois, la station de métro qui est la plus fréquentée en Amérique du Nord, Bloor–Yonge à Toronto, va être animée par des images du Nouveau-Brunswick. On a acheté des panneaux publicitaires au match du Canadien, à la radio, dans des podcasts, à la télévision, sur les médias sociaux, etc. On s’assure d’être sur place», dit-elle.
Des efforts de marketing dans les provinces maritimes, en France, au Royaume-Uni, en Allemagne, et bien sûr, on veut attirer les touristes des États-Unis, car ce dernier marché n’est pas à négliger en ce moment. Elle rejoint ainsi la ligne de pensée de Mme Bérubé-Gagné.
«Avec tout ce qui se passe, il y a peut-être une occasion à saisir auprès du reste du Canada, donc des gens qui préfèrent rester au pays pour leurs vacances estivales. Mais on peut aussi être stratégique et attirer les touristes des États-Unis. Si ces gens-là veulent venir nous visiter, on va les accueillir et on sera prêt.»
– Avec la collaboration du journaliste Alexandre Boudreau
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