La République dominicaine déclare des gangs d’Haïti « organisations terroristes »

La République dominicaine a déclaré « organisations terroristes » les gangs qui ravagent Haïti, tout en critiquant « l’incapacité » de la communauté internationale à faire face à la crise dans ce pays voisin.

Cette décision, annoncée par le président dominicain Luis Abinader jeudi (27 février 2025), signifie que tout membre de gang qui traverse la frontière peut être poursuivi en vertu des lois dominicaines sur le « terrorisme » qui prévoient de longues peines de prison. 

Luis Abinader a défendu une ligne dure sur Haïti depuis son arrivée au pouvoir en 2020, avec des expulsions massives et la construction d’un mur frontalier en béton.
« Malheureusement, aujourd’hui, la situation sécuritaire en Haïti continue de se détériorer« , a déploré le président, en annonçant devant le Parlement un « décret qui déclare les gangs criminels haïtiens comme des organisations terroristes« . 

Le chef de l’État a regretté que la mission multinationale de sécurité (MMAS) en Haïti « n’ait pas reçu le soutien requis » et a critiqué « un désintérêt et une incapacité de la communauté internationale face à cette tragédie« . 

Haïti subit depuis des décennies une crise politique et sécuritaire. Mais depuis un an, les violences des bandes armées ont franchi un nouveau palier, poussant le Premier ministre Ariel Henry à la démission au printemps et conduisant en 2024 à un bilan de plus de 5 600 morts, 1 500 enlèvements et des milliers de viols, selon l’ONU. 

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a recommandé mercredi au Conseil de sécurité la mise en place d’un soutien logistique et financier des Nations unies à la MMAS en Haïti, écartant à ce stade les appels à un déploiement de Casques bleus.
Menée par le Kenya et autorisée par le Conseil de sécurité en 2023, la MMAS a commencé à se déployer l’été dernier et compte désormais un peu plus de 1 000 policiers de six pays, encore loin des 2 500 attendus.

La République dominicaine, qui partage avec Haïti l’île d’Hispaniola, a commencé à ériger un mur de séparation en 2021 le long de la frontière de 340 km pour « se protéger » de l’immigration illégale, des violences et de la contrebande haïtiennes.
Luis Abinader a indiqué jeudi que ce mur atteignait actuellement 176 km.

Depuis octobre, la République dominicaine a expulsé plus de 140 000 Haïtiens.


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