Une trentaine de personnes de la diaspora malienne et africaine se sont réunies samedi à l’Accueil francophone à Saint-Boniface. Ils sont venus assister à la présentation du livre Libération des intelligences de Mamadou Ndiaye, mais aussi pour exprimer leurs inquiétudes face à la situation inquiétante dans leur pays d’origine.
La rencontre a été organisée par l’Amicale de la francophonie multiculturelle du Manitoba (AFMM) et l’Association des Maliens au Manitoba (l’AMM). Dans la salle, plusieurs personnes d’origine malienne sont attentives au discours de Mamadou Ndiaye, l’auteur du livre Libération des intelligences.
Ils ont aussi l’esprit ailleurs, au Mali. Le pays traverse une crise sécuritaire. Le 25 avril, de violents affrontements ont opposé le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans (JNIM) et les rebelles du Front de libération de l’Azawad (FLA) à l’armée malienne.
La présidente de l’Association des Maliens du Manitoba, Anna Ndiaye, n’est pas partie au Mali depuis 2022. Elle dit suivre les nouvelles à travers les réseaux sociaux
. On a encore une plus grande inquiétude parce que nous ne sommes pas au courant de la situation sur place
, souligne-t-elle.
La présidente de l’Association des Maliens du Manitoba, Anna Ndiaye, explique que, malgré le fait qu’elle ait grandi au Manitoba, elle reste connectée à son pays d’origine.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Anna Ndiaye explique que, malgré le fait qu’elle ait grandi au Manitoba, elle entretient un lien solide avec son pays d’origine et assure que les membres de la diaspora malienne pensent tout le temps à leurs familles restées au pays.
Je dirais à Bamako, la situation est stable parce que, moi, personnellement, ma famille est à Bamako, mais je sais que dans les régions, la situation est encore difficile, il y a encore des affrontements.
Au Mali, le JNIM lutte pour instaurer un État islamique dans le pays et le FLA est, lui, engagé dans un combat pour obtenir l’indépendance de l’Azawad, un territoire disputé depuis plus de 60 ans. Nous sommes très inquiets bien évidemment, comme tous les Maliens à l’extérieur du Mali, parce que nous avons des parents, des frères, des amis qui vivent cette situation très difficile, donc ça nous touche également
, raconte Mohamed Lamine Maïga, représentant des étudiants au sein de l’AMM.

Mohamed Lamine Maïga, représentant des étudiants au sein de l’AMM, s’inquiète pour sa famille restée au Mali et souligne que la diaspora a un rôle à jouer lors de la crise malienne.
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
Le jeune malien de 30 ans explique qu’il va régulièrement au Mali. J’y étais l’année dernière. Mes proches, par la grâce de Dieu, sont en sécurité et parce qu’ils vivent à Bamako donc. Mais, il y a des régions où il y a encore de l’insécurité. Donc nous espérons que ça s’améliore le plus tôt que possible
, souligne-t-il.
Le Mali, une digue
Lors de la rencontre, l’auteur Mamadou Ndiaye a tenu à faire un exposé sur son pays. Rien que par la superficie, c’est l’équivalent de six de ces pays voisins
, explique le membre de l’Association des Maliens du Manitoba.
Dans son allocution devant le parterre, Mamadou Ndiaye a comparé le Mali à une digue
.
Que Dieu nous en garde, le jour où cette digue va céder, tout le monde sera concerné
, a-t-il précisé. Sur les événements récents qui secouent le pays, l’auteur réfute les informations qui circulent. On entend toutes sortes de phrases : Le Mali allait tomber. Bamako va tomber. Bamako encerclé, c’est une question de jours, mais la réalité est toute autre.

Mamadou Ndiaye, auteur du livre Libération des intelligences, a souligné que «si le Mali cède, tout le monde sera concerné».
Photo : Radio-Canada / Rachid Nahli
En rappelant l’histoire malienne, l’écrivain indique que l’essentiel de la population [malienne] est concentré dans le sud et que 70 % du territoire, qui est revendiqué soi-disant par certains, ne représente que 9 % de la population. Et quand vous regardez, les Touaregs eux-mêmes ne représentent que 2 %
, explique-t-il.
Depuis les attaques d’avril, les militaires ont perdu le contrôle de plusieurs localités dans le nord du pays, notamment la ville-clef de Kidal. Malgré que Bamako avait annoncé avoir rompu son alliance avec la France, l’ancienne puissance coloniale, Mamadou Ndiaye dit que les entreprises françaises sont toujours là
.
Il souligne que le Canada est l’un des premiers partenaires en termes d’investissement du Mali, il est important qu’on ait une stratégie pour que justement cette diaspora de double culture puisse jouer son rôle
.
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