Quand on demande aux Kinois ce qu’ils pensent de la présence des rebelles de la coalition AFC/M23 actuellement à Doha, voila leur réponse :
« La solution viendra toujours d’ici entre nous les Congolais puisque le problème c’est nous les Congolais. Les Rwandais qui sont derrière le M23 utilisent des Congolais. Aucune solution ne viendra d’autre part. On peut rester ici, dialoguer entre nous. »
« Je ne vois pas qu’est-ce qu’on fait là-bas. A quoi nous allons aboutir ? Je ne comprends, en tout cas, rien de ça. Je suis Congolaise mais, ça ne me concerne même pas.”
« On a fait beaucoup de négociations. Ça ne profite pas au peuple Congolais. La population se voit trahie par ce genre de négociations. On ne sait pas comment on va arriver à une solution durable. Donnons quand-même les chances à cette rencontre de Doha et voyons comment les choses vont tourner. »
La paix a un prix
Déjà deux mois que les rebelles de l’AFC-M23 occupent les villes de Bukavu et Goma, respectivement chefs-lieux des provinces du Sud-Kivu et du Nord-Kivu et les hommes de Corneille Nangaa et leurs alliés de l’armée rwandaise continuent leur progression à l’intérieur des deux provinces. Parallèlement, la situation humanitaire dans la région s’aggrave de jour en jour.
Le discours officiel à Kinshasa est clairement en faveur de la paix … mais elle a forcément un prix. Patrick Bitafu est membre de l’Union sacrée de la nation, la coalition politique du président Félix Tshisekedi : « Sans paix il serait difficile même de parler de notre développement. Chacun des États va tenter de faire valoir ses intérêts. Mais là encore, la question serait de savoir à quel prix. Particulièrement pour la République démocratique du Congo. »
Des chances données à la médiation du Qatar
Parmi les initiatives de dialogue pour tenter de résoudre la crise figurent celle des religieux congolais -Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et Eglise du Christ au Congo (ECC) – celles des organisations régionales comme la SADC et l’EAC ou celle du Qatar. Selon le chercheur Josaphat Musamba, doctorant à l’université de Gand, cette dernière pourrait l’emporter :
« Il y a des liens entre les revendications du M23, celles du Rwanda et de la RDC. Mais certaines initiatives ne peuvent pas aller au-delà de ce qu’elles peuvent faire ou de ce que les autres peuvent leur offrir. Je ne sais pas si Doha rivalise avec l’initiative de la CENCO-ECC. Mais, il devrait l’emporter. Leur niveau de considération est différent. »
C’est après une rencontre entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame sous la médiation de l’Emir du Qatar, que la délégation de l’AFC-M23 séjourne à Doha depuis vendredi.
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