Le Niger, tout juste producteur de pétrole, fait face à une pénurie d’essence inédite

Publié le 10 mars 2025

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Être producteur de pétrole ne protège pas des pénuries de carburant. Si nombre de pays africains le savent, le Niger, qui s’est lancé dans la production d’or noir via sa compagnie nationale, la Société nigérienne des produits pétroliers (Sonidep) en juin, est en train d’en faire l’amère expérience.

Depuis le début du mois, il est impossible ou presque de trouver de l’essence Super, la plus consommée dans le pays. Ce dernier, qui produit du pétrole mais en raffine peu, a déjà connu des pénuries de carburant, mais celles-ci n’ont jamais atteint cette ampleur. L’unique raffinerie du pays, la Soraz, « n’arrive plus à satisfaire la demande intérieure » qui a explosé « depuis plus d’un an », a reconnu samedi 8 mars la Sonidep.


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En cause notamment, l’assèchement du florissant marché noir alimenté à partir du Nigeria voisin, géant économique et premier producteur de brut du continent. En 2023, les prix y ont triplé, après la suppression des subventions sur l’essence par le gouvernement.

Le carburant qui arrivait frauduleusement du Nigeria « représentait jusqu’à 50 % des parts du marché » et alimentait les grandes régions proches du Nigeria, comme Zinder, Maradi (sud), Tahoua et Dosso (sud-ouest), selon le directeur commercial de la Sonidep, Maazou Oumani Aboubacar.

Les capacités de production n’ont pas augmenté

La pénurie a d’abord touché plusieurs villes nigériennes avant de gagner la capitale, Niamey, où de nombreuses stations-service n’ont plus de carburant à vendre. Dimanche, dans le centre-ville, le trafic routier a été moins dense que d’habitude. Les rares stations servant encore de l’essence sont prises d’assaut par des dizaines d’automobilistes et de motocyclistes.

Au Niger, la face cachée de l’or noir et de l’oléoduc chinois

Avec le déclin du marché noir, « toute la consommation du pays repose désormais sur la production nationale », constate Oumani Aboubacar, de la Sonidep. Depuis 2011, le Niger produit quelque 20 000 barils d’essence et gasoil raffinés par jour, et n’a jusqu’ici pas augmenté ses capacités. Il a arrêté ses exportations l’année dernière.


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La raffinerie du pays ne fournit à la Sonidep que « 25 camions-citernes d’essence par jour », quand les besoins quotidiens nationaux atteignent « jusqu’à 50 camions-citernes », souligne Oumani Aboubacar. Pour combler le déficit, « nous procédons depuis un an à des importations, essentiellement du Nigeria », assure-t-il.

Les baisses des prix ont dopé la consommation nationale

La Sonidep dispose également « d’un stock considérable d’essence » au port de Lomé, au Togo, qui devra être acheminé dans les prochains jours à Niamey grâce à « des escortes (militaires) spéciales » à travers l’est du Burkina Faso, frappé par des attaques jihadistes meurtrières.


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Les baisses des prix du carburant récemment décidées par le régime militaire du général Abdourahamane Tiani, au pouvoir depuis 2023 au Niger, ont aussi dopé la consommation nationale, selon les syndicats.

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Le Niger, où la Compagnie nationale du pétrole de Chine (CNPC) exploite le premier gisement du pays depuis 2011, exporte par ailleurs son brut via un oléoduc reliant Agadem (nord-est du Niger) au port béninois de Sèmè-Kpodji. Mais la brouille entre la junte nigérienne et le Bénin a perturbé ces exportations pendant plusieurs mois.

(Avec AFP)

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